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 Poème, Espoir, Poésie et Aubaine

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Aubaine
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MessageSujet: Poème, Espoir, Poésie et Aubaine   Dim 15 Mar 2009 - 15:30

[J'ai écrit cette histoire dans un autre monde, pour un autre forum. Mais je vous la met quand même ici. Par contre, la syntaxe RP n'est pas la même ceci dit elle est pas bien dur à comprendre.]

Introduction :


Deux âmes, deux histoires... Deux vies mêlées.

La première, la plus douce, celle d'une petite femme née au milieu de l'amour et de la solitude. Une enfant naïve qui se laisse glissée vers le monde, pleine de joie, d'amour simple et d'empathie.
La seconde, bien plus sombre, une fillette perdue, brisée. Dans un monde où le mensonge est facteur de survis, elle devra se faire une place, prouver son droit à exister. Une enfant pleine de colère, incapable de donner.
Le troisième périt après les avoir lié. Le mort aime celle qu'il a brisé, aime celle qui est morte par sa faute et, par les runes, tente de la sauver. Le mort mêle les deux âmes dans le corps de la première afin que l'autre, mortellement blessée, survive. Mais seule la haine habite la seconde et sa dague fend le cœur de celui qui ne lui a apporté que douleur.

Poème se relève, visage doux qui correspond si peut à la noirceur de son âme, Espoir reste dans les limbes, elle attend. Poussé par une désir de vengeance qui n'a même plus vraiment de cible, la petite femme se lance à nouveau dans le monde, sous cette nouvelle forme, effaçant le passé ? La seconde, Poème, dirige le corps mais pas sa vie, elle n'est que frustration et douleur. Espoir, la première, bien plus sage, tente d'apaiser les âmes, de soigner, comme elle l'a toujours fait. Quant au mort ? Une conscience, un souvenir, un souffle de vent perturbant l'esprit déjà à demi détruit de Poème, un sentiment que même Espoir ne peut pas expliquer, un regret...


Poème marchait dans la nuit noire, visage offert au vent, cheveux dansant, regard sombre et bleu contrastant avec un beau sourire plein de douceur. Elle se dirigeait selon son instinct, il était trop tôt pour affronter ce qu'elle devait faire, bien trop tôt... Son corps n'était pas prêt à subir les difficultés, à croire que la frêle petite femme n'avais jamais eu besoin de se battre. Elle se sentait fragile et vulnérable, entrant dans les ruelles sombres Tulorim, mais au moins les ombres de l'endroit lui offraient un moyen de disparaitre des regards.
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Aubaine
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MessageSujet: Chapitre 1   Dim 15 Mar 2009 - 15:31

Chapitre 1 :

Espoir s'évertuait à faire manger le bébé, mais ce n'était pas si facile en fait. La petite n'avait que quelques mois et la jeune guérisseuse ne connaissait non seulement rien aux enfants mais n'était pas équipée pour en élever un. Enfin, on le lui avait donné, elle ne pouvait tout de même pas l'abandonner. Elle tenta une fois de plus de faire couler le lait de chèvre dans la bouche de l'enfant, blottit sur ses genoux, mais le liquide coula sur la joue rose. Doucement, la petite femme épongeât le lait d'un bout de tissus et regarda l'enfant en soupirant.

(Pauv' p'tite... Elle a pas d'cœur ta mère d'abandonner une p'tite fleur comme toi. Avec des yeux pareille, j'vois vraiment pas comment elle a pu t'laisser. Moi j'm'occup'rai d'toi, j'te l'promet...)

"Allez ma puce, fait un effort, t'es toute faiblote... J'aime pas t'voir comme ça, t'as du attraper froid en plus. Attend, j'vais bien réussir à t'soigner quand même."

Espoir ferma les yeux, serrant la petite contre son cœur. Puis elle se leva et poussa la porte de bois branlante. La maison tombait en ruine depuis le départ de son père. Il faudrait qu'elle s'attèle aux réparations, surtout qu'elle avait une fille à présent. Elle ne pouvait tout de même pas laisser vivre l'enfant dans une cabane sur le point de s'écrouler. Demain, elle le ferait, mais là, il fallait soigner la petite.
Elle déposa l'enfant sur le lit de paille et alluma une bougie. Une odeur de chaleur et de vie se répandit dans l'unique pièce de la maisonnette, les ombres, sur les murs de pierres brutes, se mirent à danser. Espoir sourit tristement, parcourant le passé du regard. Ici, elle avait toujours vécu. C'était ses racines, ce que ses parents lui avaient laissé en partant, chacun de leur coté. Elle secoua sa chevelure noire pour chasser le sentiment de nostalgie qu'elle n'avait pas le droit d'éprouver. Elle avait promis à son père de continuer sa route sans lui et maintenant, elle avait un enfant qui avait besoin de ses soins. Posant les yeux sur la fillette, la douceur et la joie reprirent leur place. La flamme se reflétait sur ses cheveux blanc, éparpillés autour d'un visage plein des rondeur de l'enfance. Et ses yeux verts, Espoir déposa un baisé sur le joue rose avant de se diriger vers le placard où elle rangeait ses remèdes. Elle sortit d'une main sûre plusieurs flacon et commença à préparer de quoi revigorer sa petite protégée.

"Elle est vraiment étrange ta mère... J'la comprend pas. D'puis quand on laisse des bébés à des inconnus ? J'sais pas d'où tu viens, mais tu s'ra mieux chez moi tien. Elle avait pas franchement l'air pacifique, la femme pleine d'ombres qui t'a amené. Mais toi t'es le lumière, et j'te laisserai pas sombrer, fillette. On s'ra bien toute les deux, j'te l'promet... On ira toute les deux à la découverte du monde, ma p'tit Poésie, ma p'tite fille."

La potion était prête, elle revint vers le lit et la fit patiemment avaler à l'enfant. En fin de compte, l'arrivée du bébé arrivait juste au bon moment, elle avait enterré sa mère l'année précédente et en avait fait le deuil... Pas comme son père qui avait préféré chercher l'oublit sur les routes inconnues. Il était partit trois jours après la mort de sa femme, laissant sa fille seule. Départ sur un coup de tête ? Peut être pas, il avait toujours été un solitaire, un nomade qui s'était arrête, retenu par l'amour. Un elfe vert renégat, toujours courant sur les chemins en quête de liberté. Il avait rencontré une jeune femme du peuple des phalanges de Fenris, loin de ses montagnes, le jeune humaine vivait elle aussi en marge de toute civilisation, dans les bois. Ils s'étaient aimés et Espoir était née de leur union, mais l'espérance de vie de leur deux espèces des avaient séparé bien trop tôt et son père n'avait pas supporté de voir ses rêves s'effondrer. Âgée alors d'une cinquantaine d'années, Espoir entrait tout juste dans l'âge adulte quand elle s'était retrouvée seule. L'année avait été dur, le temps, mauvais et les cueillettes, bien maigre, comme pour lui apprendre les difficultés de la vie, pour la faire sortir de son cocon.
Elle allait bien devoir apprendre maintenant, elle avait une fille à protéger. La petite avait enfin avalé la potion et Espoir essaya à nouveau de lui faire boire du lait. Échec, encore, mais elle insista jusqu'à ce que Poésie absorbe quelques goutes et ne s'endorme dans ses bras. Doigts glissés entre les fin cheveux blancs, réchauffant l'enfant de son corps, bonheur simple de la vie. Elle tira la couverture de peau de loup sur ses épaules, conservant un maximum de chaleur pour le nourrisson endormit.

Le temps aidant, Poésie repris des forces sous le regard protecteur d'Espoir. C'était une enfant pleine de joie, simple, comme celle qui l'avait élevée. Elle tenait pourtant de sa mère un sacré caractère et une grande indépendance qui se manifesta très tôt. La jeune femme surveillait discrètement l'enfant qui grandissait, calme et patiente.
Espoir répara la maisonnette, y ajoutant le confort nécessaire pour élever un enfant. En chassant, elle récupéra des peaux de bêtes pour en tapisser les murs et garder d'avantage de chaleur l'hiver. Elle passait même parfois à la ville, troquant les fruits de sa chasse et de la cueillette contre du tissus aux couleurs froides et douce dont elle faisait des vêtements pour l'enfant. Parfois, Poésie l'accompagnait en ville. La petite gambadait sans craintes ni prudence dans les ruelle et Espoir avait souvent bien du mal à la retrouver après avoir trouvé ce qu'elle était venu chercher. Heureusement, dans cette toute petite cité, tous le monde se connaissait et les habitants lui ramenaient la turbulente fillette quand ils la retrouvaient.
Neuf années passèrent ainsi. Espoir commençait à être connu dans la ville en tant que guérisseuse depuis qu'elle avait prodigué ses soins au fils d'un marchant, attaqué par les chiens errant un hiver. De plus en plus de villageois se rendaient à sa demeure pour s'y faire guérir et Poésie trouvait donc souvent de nouveau compagnons de jeu, et de nouvelles idées de bêtises à faire. De plus en plus indépendante, mais pas pour autant solitaire, la fillette connaissait bien les fermes et villages au alentour de la maisonnette. Espoir n'était pas de nature inquiète, mais les dangers étaient bien là, pour une fillette naïve et confiante, sans interdit, n'ayant jamais appris à se méfier des sombres individus qui peuple le monde. Pourtant, grâce à la chance, elle arriva à ses 9 ans sans être frappée par la désillusion.

Espoir était en forêt, elle cherchait vaguement Poésie en continuant sa cueillette, un panier de paille à la main, présent d'un villageois reconnaissant. Elle parcourait les chemins connus tranquillement, en chantonnant joyeusement. Sa voix claire et fluette apaisait le vent froid de l'automne. La jeune guérisseuse ramassait fruits, racines champignons et baies sur le bord du chemin à l'aide d'un petit couteau, seule objet métallique de toute sa petite demeure, un cadeau lui aussi. Une autre voix se mêla à la sienne, plus jeune et imprécise dans le suivit de la mélodie, alors que Poésie approchait en se dandinant entre les arbres. Sa mère la salua d'un sourire et lui tendit un petit sac de toile, l'invitant sans un mot à lui prêter main forte, mais l'enfant voulait le couteau.

"Laisse moi essayer m'man ! S'te plais !"

"Bon, mais fait attention ma chérie... Non, pas celle là regarde, c'est celle ci qui est comestible, celle que tu allais couper c'est du poison et on a assez de blessés comme ça, va. Fais bien attention si tu veux t'occuper des récoltes, c'est une grande responsabilité, on risque la vie des malades."

Espoir guidait les mains de la petite fille, lui apprenant doucement son métier même si, de toute évidence, ce n'était pas sa vocation. Mais elle aimait penser que sa petite fille serait capable de se nourrir et de se soigner si elle venait à se retrouver seule. D'une main ferme, elle montra au petit poignée blanc, le geste vif servant à couper proprement la plante désirée sans l'abimer plus que nécessaire et elle sourit à Poésie alors que celle ci observait joyeusement le petit couteau.
L'ombre s'étendit autour d'elles, arrivé de la nuit en plein jour. Espoir pris Poésie dans ses bras, craintive, alors que la petit fille regardait l'ombre avec de grands yeux ébahies. Comme un brouillard épais et impénétrable, la noirceur les entourait doucement, puis une silhouette s'en détacha souplement, traits indéchiffrables dans la nuit. Espoir soupira, serrant farouchement l'enfant contre elle.

"J'te la rendrais pas, tu m'l'as confié ! C'est MA fille !"

La voix féminine et grave lui répondit, semblant portée par le vent, comme un hululement dans la nuit. Le brouillard continuait à danser autour de l'ombre, sombre douceur, délicate violence.

"Je ne viens pas te la prendre, je t'apporte sa sœur. J'ai essayé mais je ne peux pas la protéger, prend la avant qu'ils ne la brisent."

L'ombre disparue comme elle était venu, laissant derrière elle une deuxième fillette blessée et perdue. Espoir déposa Poésie pour entourer de sa cape les épaules de cette nouvelle enfant. Pas un instant il ne lui vint à l'esprit de la laisser là, pas un instant la douce petite guérisseuse ne songea à l'abandonner, jamais elle ne pensa refuser ce que l'inconnue lui avait confié. Elle souleva l'enfant tremblante dans ses bras et pris le chemin caillouteux qui menait à son chalet, Poésie courant autour d'elle comme un chiot surexcité et la bombardant de questions auxquelles elle était bien incapable de répondre.
L'enfant avait environ huit ans, les même yeux verts que sa sœur, mais une courte et épaisse chevelure noir à la place des fins cheveux blancs et aériens de Poésie. Elle restait silencieuse et tremblante, couverte de plaies encore saignantes. Une seule fois durant le trajet, Espoir pu l'entendre murmurer "maman", comme un appel suppliant. En arrivant, la jeune femme nettoya des blessures et y appliqua des crèmes, ordonnant à Poésie de jouer l'apprenti aide guérisseuse. La fillette apportait les divers flacons pour soigner cette nouvelle patiente, se trompant bien souvent mais toujours riant, heureuse de trouver une potentiel compagne de jeu même si celle ci n'avait pour le moment pas décroché un mot. Elle se laissait soigner, assise sur le lit de paille, les yeux baissés tristement, une aura de douleur l'entourant.

"T'es qui ? Comment t't'appelles ? Hé ! C'est qui not' maman ? Allez réponds ! T'sais toi c'pas juste ! J'veux savoir qui c'est ma mère !"

"Poésie... Sort s'il te plais. Ou assis toi et laisse moi lui parler. N'ai pas peur, ici tu es en sécurité. Comment tu t'appelle ma puce ?"

Seule le silence lui répondit. L'enfant terrifié restait immobile, ne semblant même pas entendre les paroles douce d'Espoir. Celle ci la pris doucement dans ses bras, la berçant en fredonnant, comme un nourrisson effrayé par un cauchemar. Les cheveux noirs et trempés de la petite fille séchèrent doucement contre la chemise de la jeune guérisseuse alors que les petites mains griffées s'accrochaient à son bras. Elle serra l'enfant contre elle dans un brusque élan de compassion alors que Poésie venait se blottir sous les peaux pour dormir, ressentant enfin le besoin de calme et l'atmosphère pesante. Espoir se coucha, gardant sa nouvelle petite protégée dans ses bras, et elles s'endormirent toutes les trois, blottit dans un cocon de chaleur.
L'enfant se réveilla dans la nuit, prise dans des rêves douloureux. Espoir eu toutes les peines du monde à la calmer ainsi qu'à rendormir Poésie, cette nuit et bien des suivantes aussi. Il lui fallu trois semaines et bien de la patience pour arracher son nom à l'enfant. Aubaine, nom bien cruel pour la vie qu'elle semblait avoir menée.
Durant les années qui suivirent, Espoir eu tant à faire pour soigner les crainte de la petite Aubaine, que Poésie fut plus encore laissé a elle même. Elle passait son temps à courir dans les ruelles, de plus en plus loin et avec des compagnons bien souvent douteux alors que sa jeune sœur restée à la maison sous la douce protection d'Espoir. Puis, il faillait bien que ça arrive, Poésie disparue. Et à partir de là, les drames s'enchainèrent.
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MessageSujet: Chapitre 2   Dim 15 Mar 2009 - 15:31

Chapitre 2 :

Poème était assise sur une pierre noir, au milieu de la nuit. Le vent glacé faisait saigner ses blessures et rougir ses cicatrises. Elle regardait droit devant elle, silencieuse, chevelure sombre dans le vent. Les yeux mi clos, le jeune femme écoutait la nuit et attendait son heure. Une nouvelle mission à exécuter pour la gloire de son maître, et elle le ferait en plus, il l'avait trop bien dressé. Un élan de colère traversa ses yeux noirs et elle posa les mains sur le sol, à croupis, prête à bondir. Aucun bruit n'était pourtant venu perturber la nuit, juste une douleur du cœur éveillée une fois de plus, juste une âme brisait qui cherchait une fois de plus à se rebeller. Elle pris une grande respiration, savourant la souffrance de l'air froid qui pénétrait dans ses poumons et s'immobilisa à nouveau. Sa peau mâte se confondait si bien avec l'ombre, invisible alors que son esprit s'élançait dans la danse du passé.

(Depuis le début, ils ne m'ont pas laissé la moindre chance... Je leur ferais regretter un jour, dès que j'en serais capable ! Je les tuerais par ce qu'ils m'ont si bien appris.)

Ses yeux brillaient dans la nuit, fureur enfouit sortant à jour telle un ras de marrée. Ses émotions, en cet instant, elle était incapable de les contrôler. C'était bien rare, mais quand la folie envahissait son âme, rien ne l'arrêtait. Elle tenta plusieurs fois de reprendre le contrôle avant de s'effondrer, se roulant en boule sur le sol gelé. Plus rien ne pouvait empêcher le passé de resurgir, pas la moindre branche où se reprocher, seul l'abime béant d'une folie désespérée.

Les visages froids et totalement dénué de la moindre tendresse lui revinrent en mémoire, ceux de ses parents la livrant sans le moindre regret à leur chef. Pour son bien, évidement, ou plutôt pour celui de la guilde, mais quel différence ? Elle était leur fille, leur chose, et c'était un honneur que le chef ai décidé de l'éduquer... Ou plutôt, de la dresser. Un assassin formé dès son plus jeune âge, il n'y a pas mieux pour accomplir les sombres besognes nécessaire au pouvoir. Almonar souriait en posant une main ferme sur l'épaule de la fillette de six ans avant de la confier à son frère.

Ongles blessant les paumes de ses mains, non, son calvaire avait commencé bien avant. Si loin qu'elle s'en souvenait, jamais, ses parents ne lui avait témoigné d'autres attentions qu'un apprentissage violent de la maîtrise des armes. Fille unique sans espoir qu'une frère ne vienne au monde après une naissance qui brisa la fertilité de sa mère, ses parents la voulaient digne d'eux. Quel honneur vraiment que le maître s'intéresse à leur progéniture, avec un peu de chance, si elle réussissait à se distinguer, eux, gagneraient en prestige.
Ils avaient d'ailleurs une bonne place au sein de l'organisation maintenant, elle avait fait ses preuves, la fillette. Le maître ne s'était pas trompé quant à ses qualités, mais sa force, elle la devait surtout à un entrainement des plus sévère... Cependant, peu d'enfants auraient tenu psychologiquement à ce qu'on lui avait imposé. Auraient ? Après tout, pouvait elle se considérer indemne ? Son état prouvait bien que non !

D'un bond, elle se releva, tremblante. Elle ne devait pas flancher, pas maintenant... Si on l'apercevait ici, on devinerai pourquoi elle y était, le tatouage de l'organisation de l'Antre sans retour brillait sur son bras, ne laissant aucun doute quant à ses intentions. Elle était là pour tuer, comme on le lui avait appris... Tourbillon de pensées, elle retomba en silence à genoux.

Souffle, frère du chef, l'avait immédiatement entrainé à sa suite. Pourquoi aurait elle eu besoin de rire au revoir à ses parents ? Six ans, c'était bien suffisant pour qu'elle sache se montrer digne du rôle qu'on lui réservait, et puis, de ceux qui habituellement protègent, elle n'auraient récolté que coups et injures. La main dont les ongles perçaient sa peau semblait douce à coté de la douleur qui lui emplissait le cœur. Elle suivit celui qui allait prendre en main son éducation, prendre la place de tuteur, de maître, voir d'amant quand elle serait femme. Il le savait et souriait en la guidant à travers les bois, mettant ses petites jambes à rude épreuve. Poème couru ainsi jusqu'à l'épuisement, jusqu'à tomber et ne plus pouvoir du tout se relever, et, alors, seulement, il la porta vers son repaire.
Elle du s'endormir durant le trajet, elle se réveilla, engourdit par le froid, sur le sol caillouteux d'une cabane à peine abritée du vent. frissonnant sous une fine peau de chevreuil, elle se redressa pour voir où elle était et ce qu'il se passait aux alentour. Si ses parents l'avaient su sans la moindre idée du lieu où elle se trouvait, ils lui auraient une fois de plus montrer qu'elle ne devait pas s'endormir avant d'être en lieu sûr. Elle se préparait donc à l'agression qui ne tarderait pas à arriver. Mais rien, juste le silence de la nuit. La fillette sortit prudemment, poussant la porte rugueuse qui, malgré ses précautions, laissa échapper un sinistre grincement. Un coup d'œil dans les ombres, il la regardait, perché sur la branche du vieux chêne. Il souriait mais cela n'avait rien de rassurant, ses cheveux strictement noués en queue de cheval lui donnait l'air plus sévère et sadique que jamais. Elle l'avait rarement vu avant de devenir son élève et l'avait toujours fuit alors qu'il l'observait avidement. Mais là, elle n'avait pas le droit de partir et il sautait de son perchoir pour la rejoindre au sol.

"Tu es membre de l'Antre sans retour, le chef fonde sur toi bien des espoirs, petite brindille. Soit en digne !"

La voix, encore maintenant, résonnait dans sa tête comme un ordre impérial. Impossible de désobéir, devoir posé depuis sa plus tendre enfance, endoctrinement dans la souffrance pour une cause qu'elle ne comprenait alors même pas... Et qui lui paraissait aujourd'hui bien plus futile encore. Quête du pouvoir, combat pour un homme sans cœur qu'elle haïssait par dessus tout, qu'avait elle à y gagner ? Mais si elle fuyait, seule la mort l'attendait, peur ancré en elle depuis toujours, obéir ou périr. Laissé sa vie à ces lâches ? Pas question ! Elle se battrait !
Un bruit, sa proie, la chasse, un homme qui apparait au loin, l'adrénaline du combat qui palpite à nouveau dans ses veines. Poème rampa dans les herbes, cachée, comme tant de fois...

Les cailloux écorchaient ses petites mains potelées et griffaient à sang ses genoux mais elle continuait à avancer. Voici des heures qu'elle parcourait la forêt à la suite de Souffle. Ils avaient quitté la cabane au soir pour fêter ses huit ans pas un nouvel entrainement, plus dur, mais plus utile à son développement. En plus, il y avait une surprise à la clé, chose très rare alors elle s'empressait de suivre malgré la douleur qui déchirait ses muscles à chaque mouvements et la pluie battante du printemps. La fillette trébucha sur une pierre et s'écorcha le tibia. Une plaie de plus, mais son maître s'éloignait et elle se hâta pour le rejoindre, prenant soin de rester silencieuse dans ses déplacements.
"On y est presque, petite brindille." murmura Souffle alors qu'elle se rapprochait. Un encouragement ? Pas vraiment, sa voix était froide et dur et le ton faisait plutôt penser à un reproche. Elle ferma les yeux un instant,rassemblant ses forces pour un ultime effort, et se remis à le suivre à travers les ronces qui mettaient ses vêtements en lambeaux. Encore un pas, encore un autre, bientôt... Presque ? Elle s'arrêta, complètement épuisée, et se releva légèrement. La dague qui lui fendit l'épaule sur un bon centimètre la convainquit de se recoucher. Son maître, déjà, était près d'elle, dardant sur elle un regard furieux. Dans un murmure, il lui lança.

"Tu abandonnes si vite... Je te prépare une surprise et tu gâches tout par tes gamineries, petite brindille. Peut être que cela t'aidera à te motiver pour finir ce que nous avons entrepris."

D'une main calme et ferme, il récupéra sa dague et lui en asséna un coup sur la cuisse, ponctuant son geste pas sa litanie habituelle, "avance ou flanche et meure." et ils reprirent leur route, la fillette se découvrant des forces qu'elle ignorait posséder. Elle avançait dans le brouillard, tout juste capable de suivre l'ombre de son maître, et s'effondra dans la boue lorsqu'il s'immobilisa. Son esprit se remit pourtant à fonctionner quand Souffle bondit hors de fourrés. Tout se passa en une fraction de seconde. Il trancha la gorge de sa cible et chargea la petite Poème ébahit sur son épaule avant de fuir dans la nuit.
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MessageSujet: Chapitre 2 (suite)   Dim 15 Mar 2009 - 15:32

Aujourd'hui, c'est elle qui venait de tuer. L'homme s'écroula sans un bruit à ses pieds mais elle ne pouvait pas fuir comme son maître dans le passé. Ce n'était pas sa seule proie, d'autres attendaient, tapis entre les murs de pierres. Souplement, elle fila se cacher dans un buisson, toujours attentive au moindre bruit malgré la ronde des souvenirs. Elle avait bien faillit se faire prendre quand l'enfant de son passé s'était effondré à bout de force. Heureusement, l'entrainement lui avait permit de vite se reprendre et elle avait vaincu... Ou perdu une part d'elle même, une fois de plus.

Brinqueballée sur l'épaule de Souffle, elle regardait le sol défiler à toute vitesse. Pensées engourdis, elle ne savait plus trop ce qu'il s'était passé, ou, elle refusait de le voir. Au bout de ce qui lui sembla une éternité de silence, son maître la déposa devant lui, au milieu des bois et la fixa avec intensité, perçant son cœur à jour, sentiment effrayant de vulnérabilité.

"Ouvre les yeux ma brindille, regarde donc le monde en face. Pour accomplir nos rêves, il faut faire des sacrifices. C'est notre rôle à nous, assassin de l'Antre. Le pouvoir même de ceux que l'on suit repose sur nos lames, cet homme était un danger. Almonarne nous fera jamais tuer pour rien, mais certains meurtres sont nécessaires et ces êtres ne sont eux non plus pas des saints, il savent parfaitement les risque en s'engageant dans cette lute et n'hésiterons pas à nous rendre la pareil. Il s'agit de tuer pour survivre et pour pouvoir vivre vraiment, un jour. Tu n'as pas à te sentir coupable bon sang ! Ouvre les yeux ! Je suis là pour t'apprendre et je t'apprendrai, petite brindille !"

Perdue, elle avait accepté ces mots comme des vérités, réponses simples à son désarrois. Encore maintenant, elle avait bien du mal à faire le trie entre ses paroles si profondément ancrées en elle. Ses mains serraient la dague alors qu'elle revivait en pensées la douleur d'un enfant jeté devant une vie bien trop sombre. Toute son enfance avait été bercée par les meurtres, jusqu'à ce qu'ils deviennent naturels pour elle, que la jeune fille les accomplisse sans réfléchir, mais pas sans regrets. Jamais elle n'était parvenu à oublier un de ceux à qui elle avait pris la vie. Les visages furieux tournoyaient dans sa tête sans lui laisser le moindre répit, mais heureusement, son maître lui avait aussi enseigné comme les ignorer. Mais là, elle ne pouvait pas, pas assez calme, pas assez maîtrisée...
A genoux dans l'herbe, respiration bien trop rapide pour l'effort effectué, elle parvenait à peine à se concentrer sur ses perceptions. Yeux sombres rivés haineusement sur la nuit, la jeune femme observait la demeure de ceux qui allaient mourir, mais la cascade continuait sa chute, le tourbillon l'entrainait toujours plus loin, la rapprochant d'elle même pourtant. Mais le voulait elle ?

"Il est temps que tu nous montre ce qu'il t'a appris. Un nom, Hôlser."

Sur ces mots, Almonarne tourna les talons, la laissant seule. Son maître était partit en mission et le chef était venu en personne la chercher à la cabane. Il l'avait surpris pendant son sommeil, sinon, jamais elle ne se serait montrée. Peut être la savait il. Un nom, elle entra dans sa cachette et alluma une bougie. Un nom, elle fouilla dans le livre de son maître, l'histoire de la contrée. Ce nom, elle l'y trouva, celui d'une famille. Préparant un léger bagage, elle suivit mentalement la route qui l'amènerai vers sa mission. Elle savait bien où ces cibles se trouvaient, à douze ans, elle connaissait parfaitement la contrée. Il le fallait bien, pour la place qu'elle occupaient dans cette étrange société. L'Antre voulait le pouvoir, et Almonarne ferait tout pour l'obtenir, sachant que ce tout l'incluait, elle, petite brindille brisée, dans ses calculs savants. L'Antre avait décidé la mort de cette famille, et cette échappatoire lui convenait bien en réalité... Fuir dans la nuit pour tuer et être reconnu digne de son rang, et ne pas subir l'anniversaire de ses douze ans. Le regard de son maître l'inquiétait tous les jours un peu plus alors qu'elle devenait femme. Elle devait être assassin avant d'être femme, alors, elle pourrait le tenir à distance, lui résister. L'adolescente s'élança sur les routes forestières dans une course souple et rapide, la mission ne devait pas attendre, et surtout, il ne fallait pas qu'elle pense à ce qu'elle devrait faire une fois arrivé.
Deux jours de voyage, deux jours exténuant mais aussi un bon entrainement, comme lui dirait son maître. Elle se rafraichi dans une rivière, non loin de ses cibles, afin d'être prête, esprit vif, quand il faudrait se battre. Puis elle se remit en route, à pas de loup entre les arbres, rampant dans les ronces.

Une femme sortait, elle secoua la tête pour écarter le rêve. La jeune femme évalua du regard sa victime, laissant l'enfant au passé. Elle avait besoin de toute sa concentration, elle avait bien faillit échouer, déjà. L'attente était toujours la plus dur, une fois l'action lancée, il n'y avait plus à réfléchir. Les règles à suivre étaient gravées dans chacun de ses muscles. Elle approchait, encore, encore quelques mètres, là !
Bondissant du buisson, éclair métallique dans la nuit, elle se rua sur sa proie. La jeune chasseuse lui trancha proprement la gorge sans lui laisser le temps de crier. Une action lâche ? Non, les lâches sont ceux qui n'ont pas le courage de vivre... Il le lui avait dit... Tant de fois. Elle rampa à nouveau vers une nouvelle cachette. Ne pas rester trop près des corps pour pouvoir fuir si ils étaient découvert par des ennemis trop nombreux, c'était la règle. Qu'importe, elle avait vaincu, elle était maintenant un assassin à part entière et son maître n'était théoriquement plus que son supérieur. Mais dans les faits, ce nouveau rang ne changeait pas grand chose si ce n'est qu'il n'avait pas le droit de la toucher sans son consentement. Un droit qu'elle ne lui donna jamais, jusqu'à la fin, supportant les mesquines vengeances plutôt que de perdre le seul honneur qu'il lui restait.
Mais voilà le troisième qui sortait, furtivement. Dans les ombres, elle se dirigea vers lui en silence, froissement d'herbe, comme le vent. La petite brindille faisait corps avec la nature, pour ne pas mourir entre les racines d'un arbre, dans l'oublie, pour ne pas que son sang abreuve la terre noire.
Pas après pas, elle se rapprochait de sa cible. Une grande cape noir trainant presque dans l'herbe, des mains repliées sur un mystérieux paquet. Peut être que ce qu'il tenait si serré contre lui aurait de la valeur et lui vaudrait une récompense après tout, une proie de choix. Mais ne pas y penser pour le moment, tuer. Dague à la main, de plus en plus près. Mouvements rapides, précis et sûrs à ras du sol, puis, bond félin vers sa proie, la dague qui fend la vie. Poème récupère le paquet et s'enfuit.
Et le mystérieux colis se met alors à pleurer, la jeune femme pointe instinctivement sa dague sur l'amas de tissus pour le faire taire, mais arrêta son geste, incapable de plonger la lame dans l'étoffe.

Tout se passa très vite, quatre hommes sortirent de la maison, l'un d'eux la vit. Elle lâcha le paquet qui se tue enfin, nuque brisé par le choc, et s'élança dans une fuite éperdue vers la forêt rassurante. Mais pas assez vite, ils la rattrapèrent alors qu'elle entrait entre les arbres. Une main la jeta au sol, une épée taillada sauvagement son dos. Le sang, ses forces, sa vie s'écoulait. Elle tourna des yeux brumeux vers ceux qui l'avaient tué et, lame tranchant la nuit, Souffle était sur eux. Au moins serait elle vengée, mais son maître, qui le punirait ?
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Aubaine
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MessageSujet: Chapitre 3   Dim 15 Mar 2009 - 15:33

Chapitre 3 :


"Allez, on y va, c'pas si dang'reux ! Encore des menaces d'tes vieux j'suis sûr ! bouge ton cul et suis moi s't'as pas trop peur."

Poésie trépignait d'impatience devant la porte sombre de la ruelle étroite où elle se trouvait avec son compagnon d'aventure. Regard moqueur au jeune homme qui devait bien avoir une dizaines d'années de plus qu'elle, elle le poussait à la suivre dans ses jeux remplit de dangers. Aujourd'hui, le but était de prendre contact avec une guilde d'assassin dont ils avaient découvert la base au terme d'un mois de recherches acharnées. Après tout, ils avaient bien mérité de voir ce qu'ils avaient trouvé ! Les réponses étaient derrière la porte noir et Oclave n'avait pas le droit de jouer les rabats joie puisque c'est lui qui lui avait, le premier, parlé de cette organisation.

"T'es sûre de c'que tu veux, ma belle ? Un fois entré, on en r'sort plus de c'genre d'endroit... Viens plutôt avec moi, j'vais t'montrer un p'tit coin bien plus sympa."

"Non, c'est là qu'j'veux aller ! J'veux voir c'qui a d'dans."

Regard buté, La jeune fille aux cheveux blanc se dirigea vaillamment vers la porte, sans manifester la moindre crainte. Pourquoi aurait elle eu peur ? Malgré toutes ses bêtises, la chance l'avait toujours accompagné, jamais une de ses folies ne l'avaient blessé. À seize ans, elle était aussi naïve que débrouillarde, ne se rendant pas même compte des avances de son partenaire. Toujours souriante et joyeuse, l'adolescente était sans arrêt à la recherche de nouvelles découvertes et semblait irrémédiablement attirée par les milieu les plus sombres, peut être par simple curiosité, peut être pour tirer sur les files de sa liberté, voir jusqu'où Espoir la laisserai aller.
De plus, elle n'avait toujours pas réussit à faire dire à Aubaine où trouver sa mère, et Espoir na semblait pas désirer lui en apprendre plus. Alors elle leur montrerai qu'elle pouvait se débrouiller seule et une guilde d'assassin ça devait savoir plein de choses secrètes et puis aussi, ils lui apprendraient à se battre. Oui, c'était une bonne idée d'entrer ici, sûr.
D'un geste vif et joyeux, elle tenta d'ouvrir la lourde porte de bois, mais c'était bien évidement fermé. Quelques coups sur la porte plus tard, quelqu'un apparu dans le cadre de bois... Un homme ? Non, plusieurs. Une troupe entière qui se saisir des deux jeunes gens pour les enfermer à l'intérieur. Poésie fut jetée dans un coin de la pièce, à l'opposé de son compagnon de jeu et un homme encapuchonné pointa une courte épée vers elle.

"Bouge pas et attends que le chef ai le temps de s'occuper de toi, gamine."

La voix était froide, bien que légèrement amusée. L'adolescente leva des yeux plein de défit vers son geôlier mais tourna vivement la tête, tout à coup effrayée, quand Oclave poussa un cri de douleur. Un grand homme aux cheveux gris et à la peau mâte se trouvait devant lui, un bâton à la main et lui en assénait quelques coups avant toute question. Son fière ami qui passait habituellement son temps à parader dans les rues les plus sombres, avait perdu tout son panache et gémissait misérablement en tentant de se protéger des coups. Toute fierté semblait l'avoir abandonné et Poésie lui en voulu pour cela. D'un bond, elle se redressa, contournant la lame à la surprise de son gardien.

"Arrêtez ! Tu veux savoir quoi bon sang ? Pourquoi tu l'frappes ? On n'est pas v'nu en enn'mis ! Arrête, moi j'veux bien t'dire c'que tu veux, j'ai rien à cacher."

"Retourne à ta place, brindille, tu n'as pas pas connaissances des informations que je recherche. Va tranquillement t'assoir et il ne t'arrivera rien. Je n'ai pour le moment aucune raison de te punir alors ne m'y pousse pas, tu le regretterai."

"Et T'crois qu'vais t'laisser battre Oclave sans rien dire ? On est partenaire, j'vais pas l'laisser c'faire taper d'ssus sans rien dire. Et puis qu'est'qu't'en sais qu..."

L'épée mordit sa peau, faisant couler le sang rouge sur sa gorge blanche, alors que son geôlier lui plaquait une main sur la bouche et la forçait à reculer. Il lui murmura à l'oreille d'une voix mielleuse : "Apprend à être sage où il va t'arriver des misères.". Poésie se débattit malgré la lame à son cou, si peu habituée à ce genre de situation qu'elle pensait à fuir plutôt qu'à rester immobile pour ne pas accroitre la pression du métal tranchant. L'homme la plaqua contre le mur, la regardant d'un air dur dans les yeux mais la fillette y répondit par un air de défit et elle saisit le poignée de son agresseur.

"Lui faites pas de mal... Elle y est pour rien... J'vais parler..."

Poésie tourna la tête vers son compagnon, surprise. Parler ? Mais ils avaient juste cherché la base de cette guilde, c'est tout. Qu'y avait il à avouer ? Saisissant de se débattre, elle observa avec une surprise contrariée les visages de l'assemblée. Oclave avait les yeux piteusement baissés alors que l'homme aux cheveux gris l'observait, un sourire malsain aux lèvres et l'épée au clair. Son gardien la lâcha, reculant d'un pas pour observer la scène et laissa filer un petit rire amusé. L'adolescente venait de découvrir la trahison même si elle ne l'avait toujours pas accepté. Immobile, elle fixait celui en qui elle avait toujours eu confiance, le plus fou de ses compagnons, celui qui était toujours prêt à prendre des risques et qui, là, lui avait de toute évidence menti. Son honneur s'en offusquait, comment pouvait il lui dissimuler quelque chose, à elle ? Et Espoir avait toujours dit que le mensonge était une mauvaise chose en plus, qu'il n'apportait que des malheurs et que si on a un minimum de fierté, on ne se sert pas de ce lâche moyen. C'est d'ailleurs ce qu'elle avait toujours fait, raconter sans censure à sa mère ce qu'elle faisait de ses journées. Espoir s'en inquiétait et lui parlait, mais l'avait toujours laissé libre, pourtant, ce qui confirmait l'inutilité du mensonge !
La lame se rapprocha d'Oclave, l'incitant à la conversation. Tout pâle, il se mit à parler, les yeux toujours fixés sur le sol, sans le moindre regard vers celui qui le menaçait, comme si toute fierté l'avait abandonné.

"C'est le clan de l'Orage qui m'envoie ici, ils voulaient qu'je m'infiltre chez vous mais j'leur suis pas fidèle, j'ai aucune raisons de suivre ce troupeau d'moutons..."

"Hum... Je crois qu'il va falloir changer de pièce pour ne pas choquer cette petite demoiselle. Nous allons avoir une longue conversation mon ami. Je n'aime pas qu'on cherche à me lécher les bottes pour s'en sortir et je ne supporte pas les traitres sans honneur. Mais viens donc mon cher, j'ai toutes sortes de façons de te faire regretter ton inconstance tout en t'extorquant des informations et l'Orage m'en remerciera, je suis sûr. Tu n'es pas digne de ce clan, tu n'es pas même digne d'être mon ennemi."

D'un geste, il signifia à un de ces compagnons d'emmener l'homme à coté, ordre exécuter avec rapidité et violence. Puis il sourit à Poésie avant de tourner les talons, se dirigeant d'un pas vif à la suite de ses confrères.

"Soit sage fillette. Tien, Enstin va te mettre au frais afin que tu ne souffres pas des cris de ton abrutit de compagnon. Je viendrai m'occuper de toi après. Ne le prend pas mal, tu es bien plus intéressante que ce traitre mais certaines affaires doivent être réglées rapidement."

"Attend ! Je veux savoir c'qu'il a fait ! Tu crois qu'j'ai peur p't'être ? Laisse moi..."

Lui assénant un coup du plat sa lame, son geôlier l'entraina sans tarder vers une pièce sombre où il l'enferma. La lourde porte de bois refusait de s'ouvrir sous les coups de poings et ne retenait même pas les cris d'Oclave, au loin. La jeune fille s'assit finalement sur le sol, un peu perdue et se crispant à chaque hurlement. Elle avait beau dire, elle était bien contente de ne pas être à coté... Bien que les cris lointains s'avéraient encore plus terrifiant que la réalité, elle ne savait même pas ce qu'il se passait, si il souffrait vraiment ou si il jouait la comédie.
Le silence se fit enfin, et le temps passa. Poésie tenta maintes fois de sortir de sa prison mais ne trouva aucune issues à son état. Une solide porte de bois et des murs creusés à même le sol, cellule parfaitement étanche. Enfin, des pas dans le couloir et la porte qui s'ouvre en grinçant. L'homme aux cheveux gris entre, saisissant les poignées de la jeune fille qui en aurait bien profiter pour filer. Il lui sourit, la plaquant au mur alors que quelqu'un referme la porte, laissant une lanterne illuminer la petite salle obscure. Les mains la lâche, ils sont seuls, mais l'homme l'enferme toujours dans le coin de la pièce, bien trop proche à son goût.

"J'en ai finit avec ton ami. Et toi, pourquoi est tu ici ma belle ?"

"Pousse toi ! J'veux apprendre à m'battre puis j'veux r'trouver ma vrai mère. Mais pousse toi, j'aime pas être enfermée, laisse moi sortir !"

"Je pourrais faire de toi une jolie petite assassin, je pourrais t'apprendre des tas de choses. Mais si tu veux avoir accès à toute ces connaissances, tu dois d'abord apprendre à obéir."

La main de l'homme se posa sur son sein, alors qu'il la maintenait contre lui. Il l'embrassa, bloquée par le la cloison de terre, alors qu'elle se débattait.

"POESIE !"

L'homme releva la tête et lâcha à regret sa victime. La porte noire s'ouvrit à nouveau.
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MessageSujet: Chapitre 4   Dim 15 Mar 2009 - 15:33

Chapitre 4 :


Espoir marchait rapidement dans la forêt. Elle n'aimait pas laisser la petite Aubaine seule mais là... Poésie n'était pas rentrée et le matin commençait à pointer. Elle avait un mauvais pressentiment, sa fille rentrait toujours dormir à la maison malgré qu'elle passe ses journée à cavaler n'importe où. Mais elle revenait toujours pour manger et se coucher au chaud, amenant parfois des gamins des rues avec elle. Espoir s'en occupait, les soignait et leur trouvait un petit coin où coucher. Elle était un peu la mère de bien des enfants délaissés et poésie n'avait aucune raison de disparaître sans rien dire, vraiment. Elle avait toujours été libre alors pourquoi n'était elle pas là ? Il lui était arrivé quelque chose, forcément, et la jeune guérisseuse se précipitait à son secours, la peur au ventre.
Enroulée dans une cape brune, elle filait vers la ville aussi vite que ses petite jambes le lui permettaient. Ses chausses de peau foulaient le sol sans laisser de trace, légère, elle courait sur les chemins pierreux, alors que l'aube commençait à pointer entre les arbres.

Un homme sortit brusquement d'un fourré, lui barrant la route. Sans lui laisser le temps de réagir, il l'attrapa, serrant son bras autour de la gorge de la petite femme. Espoir porta les mains à son cou, essayant de desserrer le bras, surprise plus qu'effrayée par cet accès de violence, puis sa vue se brouilla. Comme dans un rêve, elle senti l'homme la charger sur son épaule et l'emmener en courant. Alors qu'elle reprenait un peu ses esprits, il la jeta au sol et une pierre l'assomma à moitié. Vision trouble, mais la lune brillait au dessus d'elle, zone dégagée, pierre plate contre son dos. Des mains fermes et tremblantes la retournèrent sur le ventre et arrachèrent sa cape.

"Dégage complètement son dos, et fait vite, sinon ta brindille ne tiendra pas."

Les larges mains déchirèrent ses vêtements, dévoilant à la lune le teint clair de sa peau. Elle voulu se relever, demander ce qu'il se passait, mais l'homme la maintint sur la surface dur et froide. Un coup sur la nuque la convainquit de ne pas bouger et de vieilles mains ridées parcoururent son dos, l'étudiant.
Douleur, quelque chose glissait sur sa peau. Peur, elle n'était même plus capable de bouger, bien que l'homme l'ai lâché. Inquiétude, où était sa fille ? On la retenait alors que Poésie était peut être en danger, elle aurait voulu leur crier mais son esprit semblait ne plus pouvoir diriger son corps, comme détaché...

"Amène ta belle sur le pierre et écarte toi, j'ai pas besoin de t'avoir dans les jambes, c'est déjà bien assez compliquer comme ça."

La voix calme et légèrement chevrotante emplissait la nuit, ordre incontournable, sagesse ? Non, grande habitude de la vie, voix de quelqu'un à qui on a bien rarement désobéit. Espoir frissonna... Enfin, son âme frémit alors que son corps restait immobile, comme mort. Un autre corps, déjà bien trop froid, fut déposé avec douceur contre son bras. Elle ne voyait que les racine d'un arbre éclairé par la lune et ne pouvait pas tourner la tête pour comprendre ce qu'il se passait. Les vieux doigts unirent les poignées des deux corps immobile par une cordelette et l'étrange objet continua à dessiner sur son bras. Pas un bruit, seulement la respiration calme du vieillard et celle, inquiète, de l'homme qui l'avait emmené ici. Le corps à ses coté ne semblait émettre aucun bruit et elle sentait l'odeur du sang flotter autour d'elle. La chose brulant sans chaleur revint parcourir son dos, lentement, formant un dessin précis et indéchiffrable. Son esprit était maintenant parfaitement clair, totalement détaché des douleurs physiques.

(Qu'est ce qu'ils font bon sang ! Qu'est ce qu'ils me veulent ? Elle est blessée l'autre, à cote, gravement je crois même ! Pourquoi ils me laissent pas la soigner au lieux de s'amuser avec leur sombres magies ? Et Poésie... Si ils me laissaient au moins parler, je pourrais leur expliquer ! Je peux pas rester comme ça sans rien faire quand même. Ils comptent me tuer ? Dites ? À quoi ma mort vous avancerait elle ? Je dois me dépêcher mais je veux bien soigner la femme qui saigne ! ... Que... Qui es tu ? Qu'est ce qu'il se passe ?)

Sentiment étrange, elle n'était plus seule. Enfin, elle l'était moins, mais elle l'était toujours aussi. Elle ressentit pour la première fois le lien qui, comme un file, la reliait à son corps, mais elle ne le percevait que parce qu'un autre lien s'y rattachait. La douleur dans son dos cessa, seul le vent glacé de la nuit continuait à mordre sa peau nue. Suivant doucement le file, elle se rapprocha de l'autre esprit, curieuse et surprise.

Elle n'était pas morte, c'est tout ce qu'elle savait. Souffle avait voulu lui expliquer ce qui allait se passer mais le vieille homme l'avait envoyé chercher au plus vite une victime, si il tardait trop, elle mourrai. Elle n'en revenait pas d'avoir vu son maître pleurer, aux portes de la mort, des larmes couler pour elle, après tout ce qu'il lui avait fait. Les ennemis étaient un à un tombé et Souffle avait compris que cette victoire ne sauverai pas la jeune femme. Il avait pris Poème dans ses bras et l'avait amené ici. Et le vieux maître des runes avait donné une solution pour la sauver. Elle n'avait pas eu son mot à dire, de toute manière elle n'avait pas bien compris, esprit embrumé par la grande faucheuse.
Puis son esprit s'était élevé entre les runes, se liant doucement à un corps sain où palpitait la vie. Elle n'y était pas seule, une autre faisait vivre cette enveloppe charnelle mais elle semblait s'en être écartée. Poème la sentit alors approcher et se recroquevilla sur elle même, effrayée par le mort. Elle en voulait pas être chassé de ce corps, elle voulait vivre, et se venger. Mais la petite âme blanche ne manifestait aucune intention de la repousser, elle semblait juste étonnée. Poème, sombre, se tendit vers elle, camouflant l'enfant effrayé qu'elle était mais trop tard, Espoir avait eu un aperçut de la réalité... De la blessure qu'elle avait toujours voulu cacher.

(Qui es tu ? Que s'passe t-il ?)

(Ce qui nous arrive, je n'en sais rien mais je crois que le vieux vient de me tirer des griffes de la mort. Et je suis Poème, petite âme blanche. Il semblerai que nous allons devoir cohabiter.)

Espoir ne comprenait pas ce qui arrivait, mais une autre était là et il n'était évidement pas question de la jeter à la porte, l'envoyant dans le froid... Même si c'était son propre corps qu'elle venait habiter. Elle aurait pu couper le file sans doute, et l'envoyer dans la mort, mais elle, guérisseuse, ne ferais jamais un acte aussi vil. Et elle semblait jeune et terrifiée malgré des paroles hautaines et froides, cette sombre étrangère. Ses semblants n'avait pas de secrets dans la proximité des âmes, Espoir savait.
Nouvelle douleur dans son dos, âmes celées. Trop tard pour regretter, maintenant, ce file, elle ne pouvait plus le trancher. Le vieux maître referma la rune dans son dos, clôturant son œuvre, condamnant les jeune femmes à vivre ensemble, double. Un dernier trait brulant sa peau, la douce guérisseuse retrouva le pouvoir sur son corps. Mais l'autre l'avait tout autant, à égalité. Et bien soit, elles apprendraient à s'entendre puisqu'il le fallait. Espoir accepta sans difficultés ce nouvelle état et se releva lentement alors qu'à son poignée, les liens qui l'a reliaient au corps mort de Poème se détachaient.

"Alors ? !"

"Tout s'est bien passé, étonnement bien même. Tu as bien choisit ta cible, je ne pensais pas qu'elle montrerai si peu de résistance. Je n'ai même pas eu à la forcer à accepter l'âme de ta brindille. Cette femme n'a vraiment aucune prudence mais ça me plais. Il est si rare de trouver des âmes charitables en ce monde que je les ai laissé en équilibre. Qu'elles se débrouillent pour s'entendre ou se combattre, ce n'est plus mon affaire à présent. Paye moi et vas t'en."

"Prouve que c'est bien elle ! Prouve que tu as bien remplit ta part du marché !"

À elle de jouer comme on le lui avait si bien apprit, à elle de remercier son maître en annulant la dette contracté pour elle, ainsi elle ne lui devrait pas pas au moins. Poème se redressa, plaquant maladroitement sur son visage un air surpris, mais Espoir fut plus rapide. Le regard simple et franc de la jeune femme se posa sur Souffle. Elle s'empressa de le rassurer, ne comprenant absolument pas qu'il cherchait en fait à annuler une dette, à mentir, à utiliser les talents du vieillard sans rien donner en échange.

"Elle est bien là m'sieur. Mais j'dois partir, j'ai ma p'tite fille qu'a disparue, faut vraiment qu'l'la r'trouve, ça m'inquiéte..."

(SILENCE ! Idiote ! Ne prend pas d'initiatives tant que tu n'auras pas appris les règles de ce monde ! As tu la moindre idée de ce que tu viens de faire petite âme ? !)

La fureur passa sur son visage alors que Poème repoussait Espoir au fond de sa conscience. Et maintenant ? Qu'allait il lui demander ? Quel était le prix qu'il s'était engagé à payer ? Elle ne le savait même pas, probablement était elle inconsciente quand ils en avaient parlé, mais une vie, ça ne devait pas être donnée.
Pourquoi cette accès de colère ? Elle ne pensait tout de même pas pourvoir cacher au vieux maître qu'il avait réussit ? C'était ridicule, et puis il l'avait sauvé. Pourquoi irait elle se faire un ennemi sans raison ? Elle n'avais vraiment rien fait de mal en révélant la vérité et pourtant Poème semblait furieuse et terrifiée. Elle ne comprenait pas, ces gens lui semblaient d'un autre monde. Mais pendant ce temps, la vie de Poésie était peut être en danger. Le mauvais pressentiment s'accentuait de plus en plus, elle ne pouvait vraiment pas laisser l'autre jouer son cinéma. Ses devoirs de mère la poussait à résister, à reprendre possession de son corps pour sa petite fille si naïve.

(Arrête, reste où tu es, tu m'as posé assez d'ennuis comme ça !)

"Bien, je vois que nous sommes d'accord. Tu as ta preuve, honore donc ton marché."

Le vieille homme sourit à Espoir, cheveux blancs et éparses volant au vent, regard métallique et amusé. La petite femme était si franche, elle avait mis l'autre en colère et les émotions défiants sur son visage étaient complètement opposées. Très amusant, mais Souffle ne semblait pas s'en émouvoir. Il soupira, partagé entre déception, agacement et soulagement. Puis, choisissant, il pris la petite femme dans ses bras et la serra contre lui.
Poème se blottit contre lui, sa décision été prise. sa main saisit la dague dans le corps sans vie de son passé et plongea la lame dans le dos de son maître en lui rendant son baisé. Espoir resta pétrifiée, regardant sans comprendre l'homme tomber à terre, les yeux rivé sur la vie que sa propre main venait d'arracher. Elle restait là, incapable de réagir alors que l'autre se retournait calmement vers le vieille homme. Pas un regret ne filtrait de l'âme sombre alors qu'elle se détournait du mort, mais pas la moindre satisfaction non plus, juste le vide, le néant. Dague toujours en main, elle fixait simplement le maître des runes, sans menace, froidement.

"Comme tu veux la brindille, mais si il ne peut pas honorer sa promesse, c'est toi qui devra payer à sa place. Après tout tu es bien la plus concernée. J'aurai probablement besoin de toi bientôt et je te le ferai savoir, mais pour le moment, allez donc chercher la gamine, la petite Poésie. Je t'appellerai quand j'aurai besoin de toi, tien toi prête. Et c'est l'assassin que je veux, pas cette gentille petite guérisseuse même si je l'apprécie bien d'avantage."

Espoir s'affola, s'attendant à une effusion de sang, mais rien ne se produisit. Poème hocha simplement la tête et partit. Elle était libre, enfin ! Sous cette forme personne ne la reconnaitrai et le seul qui savait été mort. Enfin, le seul, non, mais qu'avait elle a craindre du vieillard ? Celui ci n'avait aucun intérêt à la dénoncer, elle serait bien plus utile en restant inconnu, en étant qu'une simple petite guérisseuse incapable de se battre. Et si il s'avérait dangereux, elle aviserai.
La jeune femme porta son regard sur sa dague et, d'un geste agacé, l'essuya dans l'herbe avant de continuer son chemin. Quel idiot, il s'était lui même tué en fait, ce qu'il avait fait était contraire à toutes les règles de survit qu'il lui avait enseigner. Un souffle emplit son cœur, un sentiment de regret, de douleur acceptée. Poème frémit alors qu'Espoir se tendait vers la source, tentant une fois de plus de comprendre ce qui lui échappait, cherchant à voir l'humanité à travers ces actes violents et absurdes. Mais rien, juste un file arachnéen, un lambeau, le souffle du mort, regrets et étrange amour. Mais elle ne pouvait s'attarder là dessus, il y avait Poésie et l'invitation du vieillard à aller la retrouver l'avait beaucoup inquiété. Poème repoussa une fois de plus Espoir alors que celle ci tentait de reprendre les commandes.

(C'est bon, on va la chercher ta fille, mais laisse moi faire, je suis bien pour habile que toi pour ça. Et quant on en aura finit avec elle, ce sera à moi de décider ce qu'on fait.)


(Je veux bien te laisser choisir, tant que mes filles n'en souffrent pas. Il faut aussi avertir Aubaine... Ma petite doit avoir peur toute seule. J'suppose qu'elle se doute que je suis partit chercher sa sœur mais...)

(Une chose à la fois.)

La petite femme arriva à la ville et ses pas la menèrent vers l'endroit qu'elle connaissait le mieux, l'Antre sans retour. Un pressentiment ? Une habitude ? Un désir de vengeance ? Les conversations avec les gamins des rues qui semblait la diriger vers la porte noir ? Un peu de tout probablement et c'était bien le genre d'endroit où une enfant naïve peut se perdre... Définitivement. La ruelle était toujours aussi sombre, la porte toujours aussi noire, et même si ses doigts n'étaient pas les siens, c'est bien sa dague qu'elle tenait. Une lame tachée du sang de la trahison, âme libre sans maître.
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MessageSujet: Chapitre 5   Dim 15 Mar 2009 - 15:34

Chapitre 5 :


À la maisonnette, Aubaine était depuis bien longtemps éveillée. Elle préparait le repas, jetant de fréquent coups d'œil par la petite fenêtre. Écrasant les céréales dans une gamelle de bois, y ajoutant de l'eau puisée à la rivière un peu plus tôt, faisant chauffer le tout sur le feu de bois, et pourtant, le cœur n'y était pas. Des tâches habituelles qu'elle exécutait sans même y penser, mimant les mouvement de sa mère. Espoir et sa sœur étaient absente, ensemble ? il faut bien l'espérer... Mais ça n'arrivait jamais ! Surtout avec deux blessés à la maison, même si sa mère lui faisait confiance, elle ne laissait pas des malades sans surveillance sauf urgence. La conclusion était simple : Poésie n'était pas rentrée, il était arrivé quelque chose à sa sœur.
La jeune fille s'occupa d'abord de l'homme, refaisant son pansement. Une plaie sans gravité et qui ne s'était pas infectée, rien à signaler de ce coté là. Après y avoir appliqué une crème pour l'aider à cicatriser, Aubaine serra une bande de tissus autour du bras du villageois silencieux. Il avait du comprendre qu'elle n'était pas d'humeur à bavarder ou peut être était-ce parce que son fils dormait à coté et que l'enfant avait bien besoin d'un long sommeil réparateur. Ces deux patients étaient arrivé il y a deux jours et l'homme aurait pu repartir mais il restait avec le petit pour le rassurer, aidant aux taches ménagères de temps en temps afin de justifier sa présence. Un accident de travaille, le père se sentait coupable d'avoir mis les jours du gamin en danger. Une chute dans un ravin alors qu'ils cultivaient les champs, l'homme avait payer le prix fort pour sortir son fils du fossé. Une belle blessure au bras, mais rien par rapport aux multiples bosses, égratignures et à la jambe cassée du petit. Enfin, c'était réparé et il n'y aurait probablement que peu de séquelles, il avait était bien inspiré de courir chez Espoir immédiatement après l'accident. La guérisseuse avait pu soigner l'enfant à temps.
Il allait falloir le réveiller pour changer les pansements. Elle posa doucement la main sur le front de son petit patient, pas de fièvre, pas de complications pendant la nuit au moins. L'enfant grogna et ouvrit les yeux et Aubaine lui offrit un sourire rassurant ainsi qu'un bol de céréales. Puis elle se mit tranquillement à panser les blessures, y étalant des crèmes et de lotions, laissant certaines plaies à l'air libre et en recouvrant d'autres de bandages. Ses mains semblaient faite pour ça, le soin était vraiment chez elle une vocation, autant que pour Espoir qui se montrait ravie que sa fille suive cette voie.
Et bien, ses devoirs étaient accomplit. L'homme s'était assit à coté de son fils et lui contait une histoire, tout allait bien ici. Mais une sourde inquiétude grondait en elle. Elle prépara mécaniquement de quoi faire le repas du midi et s'approcha des deux blessés.

"Vous pourrez vous débrouillez ? Je... Ne sais pas ce que sont devenue ma mère et ma sœur, mais j'ai peur que Poésie n'ai fait une bêtise. Je vais les chercher... J'ai entendu Poésie parler à Oclave avant hier et si elle a fait ce que je crains, c'est une sacré bêtise. Espoir aura peut être besoin de mon aide, elle n'a même pas pris la trousse de soin... J'aurai du lui en parler d'ailleurs. Oh, excusez moi, j'ai pas à vous ennuyer avec ça. Prenez soin de vous, je reviens au plus vite."

Sous le sourire et le regard compréhensif du père, Aubaine pris un petit sac de cuir contenant toutes sortes de crème, bandages, onguents, tout ce que peut contenir le mystérieux sac d'une guérisseuse et sortit en refermant soigneusement la porte. Elle se mit en chemin vers la ville, elle savait où aller, elle savait écouter.
L'Antre, avaient ils dit. Elle en avait entendu parler par un malade, un jour. Jeune et discrète, la jeune fille interceptait bien des secret, n'appelant pas les adultes à la méfiance. Et elle avait appris à retenir ce genre d'informations depuis toute petite, avant qu'Espoir ne l'accueil dans son cocon douillet, quand la vie était chaque jour un combat. Elle avait grandit dans l'ombre de sa véritable mère durant ses plus jeunes années, et en cauchemars, elle en revivait les douleurs et terreurs. Il faisait si bon dans cette cabane après avoir vu ce que la vie pouvait être, après avoir vu les milieux souterrains, ceux là même vers lesquels sa sœur se dirigeait.
Elle accéléra le pas. La ville était loin et le soleil commençait à monter dans le ciel. Elle courait presque sur les chemins. L'Antre, Poésie avait du y aller malgré ses timides conseils, sinon, elles seraient revenu depuis longtemps toutes les deux. Au moins, Espoir n'avait pas du la trouver, jamais la simple guérisseuse ne penserai à aller chercher en pareil endroit. Une ruelle sombre, zone est de la ville, pas très loin du moulin, une grande porte noire n'invitant vraiment pas à entrer. Elle courait dans les rues à la recherche de l'adresse évoquée lors d'une conversation qu'elle avait surprise des années plus tôt. La porte était grande ouverte, sans ça elle l'aurait probablement loupé. Aubaine tourna dans la rue et s'approcha, effrayée et décidée.

Alors qu'elle approchait, les froissements furtifs d'un combat silencieux se firent entendre. Elle jeta un timide coup d'œil dans l'encadrement de la porte et retint un cri en apercevant Espoir, une dague à la main, pendant un court instant. Puis, la vision disparue au point qu'elle se demanda si elle n'avait pas rêvé. Un cri étouffé attira son attention vers un escalier sombre, au fond du hall d'entrée. Filant dans les ombres, la fillette s'élança vers l'appel. Elle dévala les marches, oubliant tout à coup la furtive vision de sa mère tenant une dague ensanglantée. Il y avait plus important, sentiment d'urgence insupportable.

"POÉSIE !"

Aubaine entra dans la pièce, air alarmée, couteau d'Espoir entre les mains. La jeune fille était prête à se battre pour ceux à qui elle tenait, même sans aucune chance de gagner. Ses petits yeux verts se posèrent sur celui qui avait fait crier sa sœur alors qu'en son esprit, de lointaines leçons de combat oubliées réapparaissaient. Mains serré sur l'arme dérisoire, en garde, prête à fondre sur l'ennemi ou à mourir sous ses coups, ce visage correspondait bien mal à la douce fillette que quinze ans qu'elle avait toujours été auprès de sa sœur.
Poésie se redressa et fixa Aubaine avec surprise, la reconnaissant à peine. Mais il n'était pas temps de chercher à comprendre, elle se rua sauvagement sur son adversaire afin de le jeter au sol et se retrouva à moitié assommée contre un mur. Elle avait la détermination, mais ni la force, ni la technique pour combattre. Néanmoins, l'imprudente adolescente se redressa à demi, tentant de reprendre ses esprits.
Aubaine, en garde protectrice, observait l'homme aux cheveux gris en silence. Panthère indécise, ses pieds foulaient en silence le sol, contournant le danger, gagnant du temps. Les douloureux souvenirs l'emplissaient plus que jamais, mais cette fois, ils lui donnaient des forces, du courage. Elle ne laisserai pas sa sœur ici, elle n'abandonnerai pas ceux qui lui avait redonné goût à la vie. À cet instant, elle paraissait bien plus âgée que Poésie, petite femme entourée d'ombres.

"Tu vas mourir si tu t'opposes à moi, petite. Et comment es tu entrée ici ?"

Almonar fixait la jeune combattante en souriant. Cette posture l'intéressait, qui était la fillette ? D'où tenait elle ses connaissances, cette garde ? Et pourquoi défendait elle l'autre alors qu'elle tremblait de peur ? Leurs yeux, si semblables... Des sœurs ? Sans doute, si différentes pourtant, Poésie était aussi transparente que cette nouvelle fillette était sombre et secrète. Les deux feraient des recrus de choix, mais comment la seconde avait elle pu entrer ? Aubaine, quant à elle, ne lâcha pas un mot. Répondre la rendrait vulnérable, la déconcentrerai, en apprendrait plus sur elle à l'adversaire qu'elle ne le voulait. Alors elle joua le silence, yeux rivés sur celui qui lui promettait la mort, lueur du passé.

"Sortez d'ici, retournez à la maison."

Espoir se dressait devant la porte, ses yeux bleus semblaient plus dur que jamais. Les deux fillettes tournèrent vers elle des visage surpris alors qu'à sa main, le sang goûtait de la dague affutée. Dague que l'homme aux cheveux gris reconnu immédiatement, arme de l'Antre, lame d'assassin. Les cheveux noirs de la jeune femme étaient collé par la sueur, son corps semblait épuisé mais s'en rendait elle seulement compte ?
Aubaine fut le première à réagir, elle saisit la mais de sa sœur et la força à se lever, courant vers la sortie. Espoir attaqua, ou plutôt, Poème. Mouvements rapides et précis contrariés par un corps non entrainé à les accomplir et absolument pas taillé pour, elle s'élança sur sa proie. Almonar para sans difficulté l'attaque, d'autre suivirent. Les enfants avaient du s'échapper maintenant, il faudrait remettre ce combat à plus tard, elle n'était pas prête et ses muscles étaient sur le point de lâcher. Bond en arrière, elle referma vivement la porte, enfermant l'homme à l'intérieur. Il pensait avoir affaire à un assassin décidé sans doute, mais Poème avait trop peur de la mort pour prendre le risque de continuer ce combat perdu d'avance. Elle remonta à toute vitesse les escaliers et rattrapa les deux adolescentes, au prise avec un autre membre de l'Antre. Le temps qu'elle arrive, Aubaine avait tué.
Immobile, regard vide et effrayé posé sur l'homme à terre, elle n'avait plus rien de l'apprenti assassin entrevu alors qu'elle protégeait Poésie. Le couteau été tombé au sol, les souvenirs s'emmêlaient. Elle avait juré ne plus jamais avoir à tuer, et pourtant, la vie l'y avait forcé. Sus ses joues roses, des larmes silencieuses se mirent à couler. À ses coté, poésie ne semblait pas très fière non plus de ce qui s'était passé. Elle regardait avec surprise l'homme étendu au sol. Elle avait participé à cette acte mais regardait la scène le cœur plein de naïveté. Jamais elle n'avait pensé aux conséquences de ses gestes et même maintenant, elle avait peine à comprendre ce qui était arrivé.
Poème ramassa le couteau et poussa les jeunes filles vers la sortie. Esprit pratique et logique d'un assassin, il ne fallait pas rester ici. Elle les entraina furtivement à travers les rues, mettant son corps à rude épreuve, et fila avec elles se terrer dans la forêt.

Le soleil était maintenant haut dans le ciel et la forêt, pleine de vie. Aubaine regardait tristement les truites passer dans la rivière et l'eau se s'acharner sur les pierres en de calme éclaboussures d'écume. Perdue dans ses pensées, elle semblait absente, détachée du monde. Comme un gouffre qui s'ouvre à nouveau, son passé revenait à la charge après tous les effort qu'Espoir avait fait pour l'aider à guérir ses plaies. Elle soupira, jetant un coup d'œil à sa sœur qui jouait dans l'eau. Elle l'enviait, sa simplicité, sa capacité à voir la vie de façon légère et joyeuse. Elle, n'en était pas capable.
Une éclaboussure atteignit Poème, assise sur l'herbe. Elle observait en silence les fillettes, cherchant une solution. Il y avait des chance qu'Almonar ai fait le rapprochement... Pouvait il aller jusqu'à comprendre ce qui était arrivé ? Si son frère connaissait le vieillard, peut être avait il lui aussi appris son existence et ses pouvoirs. Dans tous les cas, il trouverait Espoir sans difficultés, la petite guérisseuse ne s'était jamais caché. Elle ne pouvaient pas retourner dans la cabane comme la petite âme blanche semblant le désirer, bien trop de dangers. Quant au patients, c'était bien le dernier de ses soucis, qu'ils se débrouillent. Pour le moment, il lui fallait partir avec les filles, et entrainer son corps au combat, sinon, elles mourraient ou seraient forcé de rejoindre à nouveau l'Antre. Elle ne le permettrait pas.

"J'en ai une ! On va pouvoir manger !"

Poésie sortit de l'eau, une truite entre les mains et regarda les deux femmes en souriant joyeusement. Ce qu'elle avait vu appartenait déjà au passé et la joie reprenait le dessus. Oh, elle n'oubliait pas et en tirait des enseignements, parfois, mais il n'était rien arrivé de grave après tout. L'homme qui était mort cherchait à les tuer, ce n'était donc que justice, et puis ils avaient probablement torturé Oclave à mort, donc ils méritaient bien ça ! Comme personne ne semblait réagir, elle rassembla du bois et alluma un feu pour faire cuire sa pèche et retourna tenter de saisir des poissons pendant que le feu prenait.

(Tu vas prendre soin d'elles ? Promet le moi et je te laisserai libre d'agir comme tu le sens même si, tu t'en doute, je désapprouve tes moyens. Mais je ne veux pas qu'il arrive malheur à mes filles...)

(Je ne compte pas les laisser seules tant que je n'aurait pas percé le secret de leur origine. Tu semble t'en moquer, mais moi cela m'intrigue. Surtout celle que tu prends pour une enfant à protéger, la petite Aubaine... Il y a quelque chose au fond d'elle et je veux savoir. Mais inutile de te dire que les protéger ne va pas être simple, n'as tu donc jamais pensé t'entrainer au combat ? Tu ne peux tout de même pas avoir pensé vivre de douceur et de soins, la vie n'est pas si belle !)

Poème se leva pour aider Poésie à préparer le repas. Ses muscles peinèrent sous l'effort et elle s'assit à nouveau en soupirant. Sortant un petit couteau, la jeune femme vida le poisson avant de l'embrocher sur une petite branche pour le faire cuire. L'odeur de nourriture emplit la plage herbeuse et elles mangèrent toutes les trois, en silence. Poésie rapporta d'autres truites de la rivière. Elles s'endormir finalement, rassasiées et épuisées, sans un mot. À leur réveil, il serait bien temps de penser au futur, mais pour le moment, il leur fallait à toutes reprendre des forces.
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Poème, Espoir, Poésie et Aubaine

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