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 La vie tumultueuse d'une folle accomplit

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Poème
(Personnage secondaire d'Aubaine)
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MessageSujet: La vie tumultueuse d'une folle accomplit   Mar 1 Sep 2009 - 18:20

[hrp]
Je fais ce sujet pour mettre les différents RP qui marqueront l'évolution des ma p'tite famille. En voici un premier volet. Je peux aussi y mettre des bout de RP écrit par d'autres mais je préciserais quand ce sera le cas.
Lors de ces écrit, je ne respecte pas les conventions d'écriture RP du royaume de Jade. Mais après tout il s'agit plus de romans que de RP, donc je prend mes libertés.
[/hrp]


Voyage aux frontières de l'inconnu

Chapitre 1 : Le départ


« Qu'ai-je bien pu oublier... J'ai mes plumes, des pots d'encre et ma plume blanche. J'ai mes dagues, mes poignards et mes poisons. De quoi aurais-je encore besoin pour ce périple ? Nous trouverons bien de la nourriture et de l'eau en chemin, quant aux abris, le ciel étoilé suffira amplement et si besoin, il y aura bien un arbre pour nous protéger de la pluie. Quelques peau de bête peut être, et des vêtements de rechange ? Juste le minimum alors... Voilà qui devrait suffire. » ressassait Poème, aussi perdue dans ses pensées que son sac était méticuleusement rangé. Pas grand chose mais l'essentiel pour partir à l'aventure avec ses deux filles, loin de ce monde, vers l'inconnu. Encore une hésitation mais sa décision était prise, elle irait. Impossible de revenir en arrière maintenant qu'elle avait laissé un mot. Seul dans sa maison en haut de l'arbre du célèbre Otomai, elle serra les liens de cuire, fermant son sac et le passa à son épaule.

Le journal semblait désert depuis quelques temps, trop longtemps même. Le lierre remonté à l'asseau des pierre alors qu'on venait à peine de l'en arraché cinq mois plus tôt. Il faudrait relancer, mais pas tout de suite. Si précieux que soit le journal dans le rôle qu'elle s'évertuait à jouer, l'horizon l'attirait inexorablement. Après tant de temps confinée aux sombres frontières de Brakmar, perdue au milieu des guerre, l'occasion se présentait enfin. Elle avait bataillé pour se construire une existence digne de ce nom pourtant et elle avait plus ou moins atteint son but, ou du moins elle était en voie d'y parvenir, mais ses yeux se perdait si souvent dans les récits d'aventure, les descriptions indécises des endroits sauvages qu'aucune carte n'indiquaient... Elle frappa légèrement à la porte de pierre et une petite voix fluette et timide lui répondit.

- Qui est-ce ? Je... J'arrive.

- Dépêche toi Aubaine, il est temps d'y aller. Tout est prêt alors ne te défile pas. Prend seulement ce à quoi tu tien le plus et viens, nous allons chercher Poésie. Oublis les au revoir, j'ai laissé des mots qui serons plus simple que de longue tirades pleines de larmes.

- Ma... Maman ? Heu, je viens, attends je prends au moins mon carnet et ma plume... C'est tout ce dont j'ai besoin. Tu as bien prévenu Jade et le journal hein ? Je n'ai pas eu le cœur d'y aller... Je ne sais pas si je veux partir...

- Laisse tes hésitations en arrière, allons y. Trouver ta soeur ne sera déjà pas une mince affaire alors ne perdons pas de temps. Si on ne décampe pas maintenant, on sera pressée de questions, ce n'est pas ce que tu veux je suppose.

- N... Non... Je viens...

Aubaine sortit des bureaux sans un mot de plus, tête basse, Wida sur un épaule des des liasses de parchemins entre les bras. Poème lui tendit un sac de toile où elle laissa tomber ses trésors fibreux et elles partirent toutes les deux, sans but précis, suivant un lien, une odeur, une intuition. Liée par le sang autant que par l'esprit, Aubaine trouverait Poésie, il le fallait. Jamais elle n'accepterait de laisser son inconsciente frangine seule dans ce monde, sans aucune protection. La jeune osamodette avait bien du mal à suivre les petites enjambées vives et légères de celle qu'elle appelait sa mère mais elle tenait le rythme, bien qu'ankylosée par de longue heures assise à mettre de l'ordre dans ses brouillons du journal. Des articles qui ne seraient jamais publiés puisqu'elle ne parvenait pas à écrire malgré ses efforts. Peut être était-ce une bonne chose que Poème l'emmène dans son périple, elle aussi avait besoin d'un brin d'aventure et de liberté, d'un bol d'air frai, de changements et de nouveau paysages. Pour une fois, elle comprenait la lubie de la folle guérisseuse.

Poésie était introuvable, elles avaient pourtant parcouru tous les lieux où elle était susceptible de se trouver, ratissé Brakmar dans ces moindres recoins, mais la jeune assassin restait introuvable. Aubaine semblait ailleurs, comme perdue dans ses rêves, arrachée à ses repaires, tandis que Poème avait au contraire pris encore plus d'assurance avec la proximité du départ, mais elle enrageait de devoir attendre. Où était elle ? Ah, elle se doutait bien que Poésie serait de loin la plus difficile à entrainer, peut être valait il mieux partir sans elle en fin de compte, elle se débrouillerait mieux avec la petite Aubaine, tellement plus facile à mener. Non, Espoir ne la laisserait pas faire, elle tenait trop à sa fille. Qu'importe, elle ne laisserait pas cette gamine décider de sa vie et puis...

- Je pense savoir où elle est... Enfin je crois... Je ne suis pas sûr... Heu... Elle y était allée une fois et là, vu son état d'esprit... Je ne sent pas bien et je peux me tromper mais vu qu'on ne la trouve pas ailleurs et qu'elle refuse de me parler...

Prenant la tête, Aubaine se dirigea vers la foret, vers un océan vert où elle était si bien, entrent dans un fouillis organisé de faune et de flore, Jade. Oui, elle était bien agenouillée au fond de la bibliothèque, l'esprit fermé et les yeux perdus au bout de sa plume. Elle se redressa pourtant d'un bond quand elles franchir la porte, une dague à la main. Poésie fixa un regard soupçonneux sur la seule famille qu'elle avait encore, dardant de ses yeux verts plein de reproches la guérisseuse au doux regard bleu. La fine adolescente rangea en toute hâte ses parchemins dans la bibliothèque et resta devant, montant la garde sur des écrits inachevé que tous pouvaient lire de toute manière. Oui mais là elle n'avais pas finit et puis elle ne voulait surtout pas en parler avec elle. Elle lui volait sa mère, elle la haïssait, autant qu'elle en voulait à sa mère de ne pas faire le moindre effort pour sortir de sa léthargie. Un pas, un regard féroce, sans doute l'apprenti assassin aurait elle attaqué si Aubaine n'avait pas était là. Mais elle connait assez bien sa sœur pour deviner qu'elle se mettrait entre les deux partis sans hésiter, quitte à prendre en pleine gorge un coup de dague qui ne lui était pas destiné.

- Viens Poésie, nous partons prendre l'air, nous parlerons et réglerons nos comptes en chemin.

La voix calme et sans appel de Poème eu l'effet escompté : elle attira l'intérêt et la curiosité de sa proie. Après une brève hésitation, Poésie emboita le pas à Poème comme Aubaine cherchait encore la marche à suivre. La timide journaliste s'attendait à devoir développer des trésors de rhétorique pour entrainer sa sœur mais c'était sans compter que plus rien n'attachait Poésie au monde dans lequel elle vivait. Pour elle aussi le voyage était bienvenu... Poème siffla, Poésie repris le même appel et Rime et Chimère accoururent. Aubaine ne pu que monter derrière sa mère avant que les deux bêtes ne s'élancent au galop, se laissant guider, pleines de confiance, bien loin de l'écurie, vers le nord.


Dernière édition par Poème le Mar 1 Sep 2009 - 18:23, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: La vie tumultueuse d'une folle accomplit   Mar 1 Sep 2009 - 18:21

Chapitre 2 : Hors des sentiers battus


Les grandes enjambées des bêtes ne laissaient quasiment pas de trace sur le sentier craquelé par la chaleur. Très vite, elles ralentir l'allure, suant sous le soleil de milieu d'après midi. La chevauchée s'accorda finalement dans un pas rapide et régulier, inutile d'épuiser les ressources alors qu'elles venaient à peine de quitter le monde des douze. La petite famille tressautait en silence, accrochée au cou de leur dragodinde ou retenant les paquets mal attaché. Il faudrait penser à attacher plus solidement les colis, voir attraper une bête sauvage plutôt docile pour porter leurs bagages. Des yeux d'un bleu métallique sous le soleil brulant ne perdaient rien du paysage, l'enregistrait dans ses moindre détail. Des yeux d'artiste, de peintre, mais aussi des yeux d'assassin relié à un cerveau réglés pour ne perdre aucune information utile. Silencieuse, poussiéreuse, attentive, Poème laissait ses sens dériver sur le paysage, repoussant les démons qui la poussaient à sans cesse s'interroger sur tout. Elle était déjà partit de toute façon, et si le retour devenait impossible, et bien elle ne rentrerait pas ! Toujours dans un état second, Aubaine se laissait aller à composer des odes qui s'effilochaient au fur et à mesure, des récits qui ne serait jamais écrits, suivant les courbes de ces nouvelles terres. A coté, cheveux noirs dans le vent et regard baissé, Poésie ne se répartissait pas de son air sombre. Une branche griffa son visage et elle la brisa avec colère, sans que la course de sa monture ne s'en ressente. Dans sa poigne, la dague restait fixée, prête à fendre, rougeoyant sous les rayons d'un éclat bien plus vif que tous ce que le soleil pouvait chauffer.

Rime s'arrêta la première, elle n'était plus si jeune et les bruits d'eau, derrière les arbres, se faisaient de plus en plus insistants. Boire, se reposer, picorer quelques baies et attraper quelques poissons, elle fit un pas hésitant vers la lisière de la foret, trop bien dressée pour s'engager sans l'accord de sa cavalière. Poème posa une main douce sur l'épaule de sa monture, l'autorisant à franchir la barrière végétale et Rime s'engagea entre les arbres. Bien que la foret soi essentiellement composée de feuillus, les conifères étaient de plus en plus présent. Ils semblaient pourtant souffrant dans la canicule de cette journée brulante qui, heureusement, tirait à sa fin. Le temps de poser les affaires au sol et de desseller les bêtes, les laissant se restaurer et le ciel s'emplissait de couleurs. Aubaine commençait à amasser les paquets sur un tapi d'épine quand Poème lui pris la main et cueillit une épaisse poignée d'herbe.

- Aide moi plutôt à bouchonner un peu les bêtes, nous repartons dès que l'astre sera tombé. Impossible de voyager de jour avec une chaleur pareille alors autant profiter des heures de fraicheur, nous aurons tout le temps de dormir la journée.

Éreintée, la jeune fille obéit et s'approcha de Chimère qui ne se laissa pas même frôler. Poésie pris la relève après avoir vertement reprocher à sa sœur d'avoir tenter de lui prendre sa monture. Elles eurent juste le temps de sécher les bêtes et de boire leur comptant avant que le soleil ne disparaisse tout à fait dans infiniment plat de la large rivière. Calme, l'eau s'écoulait reflétant des couleurs vives du ciel, droite et puissante comme un lent géant ensommeillé. Des arbres trempaient leurs racines dans l'eau, il était donc impossible d'en suivre le cours et la troupe du regagner le sentier. La nuit tomba tout à fait comme heureuse de rendre plus ardue la chevauchée mais la lune, compatissante, leur offrit un fin croissant blanchâtre, si pâle comparé à l'insolente clarté du soleil. Les ombres avaient disparus, l'infini noir se peuplait d'étoile. D'étranges cris inconnus sortait d'entre les arbre, se faufilaient dans les épines, se mêlant aux habituels sons de la nuit. Plus leurs pas les éloignaient du monde des douze, plus les bêtes semblaient produire des bruits étranges bien qu'ils se rapprochent souvent des cris des animaux d'Amakna. Si Rime restait calme et placide, Chimère trottait nerveusement comme sa cavalière ne cessait de jeter des regards autour d'elle, très attentive dans la nuit. Poème souriait des efforts de Poésie tandis qu'Aubaine s'était depuis longtemps perdue dans l'immensité étoilée.

Le sentier s'était rétrécit sans qu'elles ne s'en aperçoivent, progressivement. Maintenant, il était envahit de mauvaises herbes et les ronces semblaient hésiter à bondir au dessus. Dans la nuit, aucune trace de passage n'y étaient visible mais il fallait bien qu'il y ai des passants puisque le chemin courait toujours à travers les plaines. La lumière froide de la lune n'éclairait pas le moindre édifice humain, tout semblait appartenir à la nature mise à part ce chemin. Pas de silence, non. Les bruits enivrant de la nuit, des vies frémissantes, des courses folles à travers les troncs, un monde sauvage si différent de celui dans lequel elles vivaient. Chimère fit un bond sur le coté et Rime leva vivement la tête comme une sorte d'obscure croisement entre le croc-gland et le sanglier sortait des fourrés. L'animal posa un regard évaluateur sur la troupe avant de filer dans les bois, jugeant sans doute que le jeu n'en valait pas la chandelle. Poésie eu tout le mal du monde à rassurer sa monture pour repartir à la suite de Rime.

Quand le soleil enflamma à nouveau les cieux, Aubaine était endormit contre le dos de sa mère. Poème et Poésie purent constater les multiple changement dans le paysage forestier. Déjà, les conifères étaient maintenant plus nombreux que les feuillus et la rivière, bien visible du sentier, s'était transformé en torrent. L'horizon était enfin bouché par des montagnes qu'elles n'avaient pas vu hier à cause des arbres mais qui les surplombaient avec majesté comme la foret se parsemait. Le chemin avait monté mais seules les bêtes avaient du s'en apercevoir. Les courbes du terrain restaient douce, encore, mais entre les rochers, plus loin, le dénivelé les contraindrait probablement à mettre pied à terre. Difficile de se rendre compte à cette distance. Le soleil se faisant de plus en plus chaud, la petite famille s'arrêta au bord de l'eau pour se laver, se reposer, boire et manger les petites baies noires des buissons et pécher deux ou trois poissons. Ayant dormit durant le trajet, Aubaine était la plus alerte et elle lança enfin la conversation, perturbant le silence dans lequel l'équipe s'était emmuré.

- Tu comptes passer les montagnes, maman, où on va descendre voir le sud après avoir atteint le premier sommet ? J'aimerais bien voir le désert dont certains parlent mais on est pas sur le bon chemin là.

- Tout dépend de ce qu'on trouvera derrière les montagnes. Je veux déjà savoir où mène ce chemin, il doit bien y avoir des hommes au bout, tu as du remarqué les trace de chariot même si elles ont été piétinées par les bête sauvages. Tu manques de curiosité pour une journaliste, et qu'espères tu trouver dans un désert que nous n'ayons pas d'avantage de chance de rencontrer dans des lieux plus propices à la civilisation ?

- Heu... Oui c'est vrai... Bon, on verra en haut du mont alors... Tu as pensé à faire un carnet de voyage ?

- Moi j'en fait un.

Silencieuse jusqu'alors, Poésie leva une plume sombre et effilochée d'un bout de parchemin en bien mauvais état. Des lignes noires et irrégulière peuplaient le rouleau de fibres, contant à sa manière le début de leur voyage. Poème sourit à la jeune fille et poussa tout de même Aubaine à décrire le voyage d'un point de vue plus objectif, comme elle connaissait bien l'écriture emmêlée de Poésie. La petite demoiselle ne se fit pas prier mais il n'y avait pas grand chose à décrire pour le moment. Quelques lignes plus tard, elles s'endormaient toutes les trois sous un arbre, pour repartir quand la journée fraichissait. Les dindes semblaient heureuse de repartir mais reprirent leurs hésitations et craintes comme la nuit tombait à nouveau. La route fut plus difficile sur les deux jours qui suivirent, devenant de plus en plus abrupte et sillonnant entre les rochers tantôt glissants, tantôt friables. Trébuchant, peinant sur les hauteur, elles avancèrent, réduisant leurs conversations à des remarques sur l'aventure et parlant pourtant bien plus que d'ordinaire. Doucement, elles se rapprochaient les unes des autres, apprenant à se faire confiance. Hésitante, Aubaine parvenait néanmoins à amener doucement l'atmosphère vers une certaine familiarité. Mais au loin, dans l'obscurité naissante, une ombre humanoïde se dessinait. L'obscurité la camoufla bien vite et seule Poésie semblait s'en être rendu compte, mais elle garda le silence.
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MessageSujet: Re: La vie tumultueuse d'une folle accomplit   Mar 1 Sep 2009 - 18:23

Chapitre 3 : Gouffres et sommets


Regard fou, naseaux frémissants, Chimère s'élança sur le chemin rocailleux sans crier garde, entrainant sa jeune cavalière entre les pierres tranchantes. Poésie se cramponna au cou de sa fidèle monture, du seul être en qui elle avait jamais eu vraiment confiance, et disparu dans la nuit en silence. Pas de cri, pas d'appel au secours, comme à son habitude elle était persuadée de pouvoir se débrouiller seule face au danger. Et quel danger ? Il suffisait de calmer Chimère qui s'était probablement blessée, rien de plus. Mais la montagne semblait engloutir la jeune femme comme les bruits de course se perdaient entre les arbres sans ralentir. Poème lança Rime au galop mais tout semblait s'opposer à la poursuite. Le chemin restait abrupte et caillouteux, glissant comme des gouttelettes se déposaient sur les pierres plates, et le brouillard semblait se lever pour les retenir. La vieille bête trébucha sur une pierre coupante quelques mètres plus loin et roula sur le sol, entrainant dans son sillage ses deux cavalières et une avalanche de gravillons.

A demi assommée, Aubaine se releva en frottant son bras meurtri. Elle cligna des yeux mais la nuit et la brume l'empêchaient de se réorienter. La jeune fille se dirigea en tâtonnant vers une respiration apparemment difficile et finit par poser la main sur l'épaule de Rime. La monture émit un petit cri malheureux et Aubaine se hâta de la dégager, poussant une à une les pierres qui lui coinçaient les pattes. La bête aurait pu se dégager si elle l'avait vraiment voulu, mais l'habitude d'être assistée dans toutes les taches difficiles semblait lui avoir retirer une bonne part de son instinct de survit et la fatigue ne devait pas avoir arrangé les chose. Épuisée, elle se releva en tanguant sous le regard inquiet de l'adolescente mais Poème restait introuvable. Aubaine l'appela puis se tue comme l'écho lui répondait, amplifiant sa voix de façon inquiétante. La brume se faisait lourde, dense, opaque et la lumière froide de la lune ne parvenait pas à la percer. Aveugle, Aubaine se mis à déambuler vaillamment entre les buissons épineux et les troncs résineux à la recherche de sa mère quand elle entendit le souffle rassurant de Rime, un peu plus loin. Une pierre dévala la montagne, puis une autre. Le temps qu'elle arrive près de la bête, celle ci avait presque dégagé sa maîtresse. Elles attendirent, frissonnantes, le levé du jour mais même quand les rayon du soleil commencèrent à éclairer les sommets, le brouillard ne permettait pas de voir à plus de trois ou quatre mètres devant soi. Poème était étendue sur le dos, les yeux ouvert, consciente mais immobile.

Un sang épais coulait le long de sa pommette et son corps était couvert de bleus. Rime avait du basculer sur elle dans sa chute, à moins que ce ne soit une pluie de rochers qui l'avait mis dans cet état. Aubaine nettoyait les blessures avec douceur et anxiété et Poème n'avait pas prononcé un seul mot depuis la disparition de Poésie. Les yeux posés résolument sur la montagne, elle semblait observer avec attention une scène invisible, de telle façon que sa fille avait plusieurs fois tourné la tête dans cette direction, mais, rien. Ses yeux se fermèrent quand Aubaine serra une bande autour de son bras sous le coup de la douleur mais elle ne laissa pas échapper le moindre gémissement, laissant la jeune fille la soigner. Elle ne se releva que quand le soleil se mit à taper à la vertical sur les pierre et rendit son rétablissement douloureux. S'appuyant sur l'épaule de sa fille, elles se traina vers un grand pin dont Rime profitait déjà de l'ombre. Le brouillard s'était levé durant la matinée mais Aubaine tremblait malgré la chaleur. L'éniripsette n'était pourtant pas si lourde, l'effort n'avait pas pu l'épuiser à ce point...

« Qui es tu et où as tu emmener ma fille ? Car Chimère ne serait pas partit sans raison, je l'ai vu naître cette animal... Quels sont tes pouvoirs, voleur d'enfant ? Crois tu qu'une chute suffira à m'arrêter ? Je ne te laisserai pas ma fille ! Espoir, aide moi, c'est aussi ton affaire il me semble... Où es tu quand j'ai besoin de toi ? Il s'agit de ta fille, idiote ! » Mais aucune réponse de la petite âme blanche, elle semblait... Absente. Poème se décida enfin à prendre la parole après une pause. Ses pensées vagabondaient follement et elle n'arrivait plus à trouver son équilibre. La blessure à la tempe la gênait bien plus que les autres contusions, l'empêchant d'agir avec son habituelle habileté. Aubaine avait du la soutenir pour faire trois pas, quelle honte...

- Tu as vu quelle direction elles ont prise ? Au.. Aubaine ? Tu te sens bien ? Ce n'est vraiment pas le moment de faillir.... Reprend toi, on a ta sœur à récupérer.

- Je vais bien... Partons tout de suite si tu peux chevaucher... Je... Je vais t'aider à monter... Attends...

Aubaine se reteint à la selle de Rime et sembla basculer un instant, puis se repris. Elle ne pouvait pas montrer de faiblesse maintenant. Doucement, elle aida Poème à se hisser à cheval et monta derrière elle, s'attendant à devoir la soutenir. Elle se rendit vite compte, comme elles prenait le trot, qu'elle n'en avait pas la force. Ce fut finalement Poème qui la supporta plutôt que le contraire. D'abord bien sonnée, la petite fée avait finalement retrouvé ses moyens et menait l'expédition d'une main ferme. Elle descendait régulièrement du dos de sa bête pour chercher des traces du passage de Chimère, mais sur le sol sec et caillouteux, elles étaient bien rare et il était difficile de s'assurer qu'elles suivaient la bonne piste. Pour le moment, elles restaient sur le chemin, ayant remis Rime au pas au vu de la difficulté du terrain. Comme le soleil baissait, Poème mis pied à terre car sa monture peinait sous l'effort et qu'il semblait de plus en plus évident qu'Aubaine n'était pas en état de marcher. La guérisseuse repoussa une fois de plus ses inquiétude, le plus urgent était de trouver Poésie. Ce ne devait pas être grave, juste le changement de rythme et la chute... Mais elle n'avait aucune blessure visible pourtant. Le chemin montait toujours, comme si la montagne n'avait pas de bout. Elles sillonnaient sur les crêtes mais toujours il y avait un nouveau sommet, derrière... Et le chemin se poursuivait. Une trace de patte bien fraiche, près d'une rivière, les arrêta. Poème sentit une partie de la tension accumulée au cours de la journée s'écouler, elles étaient sur la bonne voie ! Elle ne s'était pas rendu compte à quel point elle était tendue, raide au point de trembler. Ses muscles criaient de douleur, froissés par la chute, mais elle n'en avait cure... Sa fille valait bien plus que ça.

« Tu as vu ? » Murmura Poème, posant la main sur la trace. « Chimère... Je pense que c'est elle, je la connais assez pour savoir la taille de ses pieds. On est sur la bonne voie. » Rime souffla joyeusement comme sa compagne s'approchait en trottinant. Poème resta figée en fixant Chimère, tête basse, immobile devant elle... Sans sa cavalière. La fée tourna un regard interrogateur vers sa fille mais ces cheveux lui cachaient le visage. Sa main était brulante quand Poème s'en saisit et elle se laissa presque tomber dans ses bras. Une enfant malade dans les bras, l'autre disparue, Poème resta un moment immobile avant que ses habitudes de guérisseuse ne reprennent le dessus. Mais d'autre instincts, ancrés au plus profond de son être, lui criaient de reprendre la traque avant que sa proie ne s'échappe. Déchirée entre ses élants maternels et son désir meurtrier, elle restait à genoux entre les pierres, passant doucement un tissu humide sur le front d'une Aubaine délirante.

Forte fièvre, regard vitreux, respiration lente mais fluide, aucun autre signe. La tisane d'écorce de sureau ne semblait avoir aucun effets et Poème n'avait absolument pas prévu le matériel pour faire face à ce genre de cas. Pas de tente, rien pour protéger sa fille, aussi du elle se résoudre à construire en toute hâte une cabane de branchette et d'épines de sapin pour protéger la jeune fille du ciel grisâtre. Avant qu'il fasse nuit, la pluie tombait déjà. Poème finit l'abri de fortune sous la pluie mais au moins, sa patiente était au sec et au chaud. En silence, elle écoutait le pluie tomber entre deux coups de tonnerre et regardait les éclaires illuminer le ciel. Un bel orage d'été, bien moite et désagréable. Ce genre de temps que seules les maisons de pierres peuvent atténuées et qui ont plutôt tendance à faire empirer les maladies qu'à les guérir. Mais c'était leur lot et la jeune fée avait était dans de bien pire situations par la passé. Revivant les douleurs, les maladies, les infections qu'elle avait essuyée au cours de sa jeunesse, Poème veillait sur sa fille. Sa fille ? Depuis quand ? Aubaine restait la fille d'Espoir, pourquoi venait elle à la protéger comme si elle était la sienne ? Elle ferait mieux de partir à la recherche de Poésie, là, cette affaire était de son ressort... Vraiment ? Quelques chose n'allait pas... Et pourquoi diable Espoir ne se manifestait elle pas en pareille situation ? L'assassin au cœur sombre se languissait elle de celle qu'elle avait toujours rejeté ? Bercée par l'orage qui s'éloignait doucement et éprouvée par une trop longue journée, Poème se laissa aller dans un sommeil léger. Même si la vie de cette enfant n'était pas son affaire, elle veillait.
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MessageSujet: Re: La vie tumultueuse d'une folle accomplit   Mar 1 Sep 2009 - 18:23

Chapitre 4 : L'amie de son maître


Les jours passaient, un à un, s'écoulant sans changement. Aubaine, étendu sur un lit de fougères, avait au moins repris conscience mais demeurait si faible... Et sa mère se trouvait incapable de se séparer d'elle. Pourquoi rester quant elle n'avait aucun moyen de guérir cette enfant ? L'influence néfaste de l'âme blanche d'Espoir se faisait elle sentir ? Alors pourquoi ce silence ? Elle était assassin et si elle maitrisait si bien les poisons, les soins n'étaient pas ce qu'elle connaissait le mieux malgré les connaissances volées et grappillées au cours du temps. Mais alors, pourquoi elle ne venait pas soigner sa fille ? Oui... Sans doute en savait elle autant que cette guérisseuse maintenant mais, ce n'étais pas son métier, pourquoi perdre son temps quand une autre quête l'attendait ? Perdue dans ses pensées et le vide étrange de son esprit, Poème ne remarqua l'agitation des bêtes que lorsque Rime poussa un glapissement en se rapprochant de la hutte. Une silhouette sortait des arbres alors que Chimère filait s'abriter derrière la rivière, sans aucune considération pour les homme depuis que sa maitresse lui avait était enlevée.

Sortant d'entre deux pins, une femme se dirigeait vers la cabane en trainant derrière elle une sorte d'amas informe de branchages, difficilement identifiable à contre jours. Poème bondit sur ses pieds et se posta devant sa protégée d'un air calme et prédateur. Les cheveux de l'inconnue rougeoyaient dans la lumière matinale, lui donnant un air étrangement familier, mais ses vêtements rustres et simples en atténuaient l'effet. Les signes, les bijoux, la démarche, il y avait pourtant quelque chose... Sylielle. Un moment, un sentiment plus doux d'amitié traversa la jeune femme à sa plus grande surprise, mais elle se repris bien vite et glissa une main sous sa cape, prête à prendre sa dague au moindre risque et pourtant incapable d'attaquer cette personne sans en apprendre plus sur elle. Un pas en avant, toujours un air décidé, Poème pris la parole d'une voix enfantine qui contrastait avec son aspect responsable.

- Bonjour, dame chasseuse. Puis-je vous demander votre nom et vos intentions en cette belle contrée montagneuse ?

Silence, aucune réponse de la part de cette femme. Pourquoi est elle venue si ce n'est pour ne rien dire ? La main se referma avec plus de soin sur la dague mais toujours, elle attendait. Si cette femme pensait l'avoir à la patience... Mais les armes suspendent à sa ceinture laissaient présager d'autres intentions. Pourtant, pas la moindre menace apparente, juste l'attente et le silence troublé par le clapotement de l'eau sur les pierres. Alors que l'attente s'éternisait, la chasseuse détacha une sangle de cuire, laissant tomber au sol quelques menus gibiers. L'arc vint les rejoindre, tombant sur l'herbe rase et elle se dirigea vers la rivière pour y laver ses mains couvertes de sang. Même après ses ablutions, des traces sanglantes subsistaient. Mais pas le moindre regard à la petite fée, rien, comme si elle n'était qu'une proie potentielle devant un chasseur repu. Poème fit un pas en arrière, se rapprochant doucement de sa fille. Les habitudes étaient trop puissamment ancrée en elle, l'indifférent était toujours le premier à attaquer. Puis, sans crier garde, l'étrange femme se dirigea à grandes enjambées vers l'éniripsette. La différence de taille autant que de constitution était saisissante, mais toujours, Poème garda son calme et se figea devant l'inconnue, silencieuse. S'accroupissant face à la jeune guérisseuse, la chasseuse rousse laissa échapper un mot, enfin, se désignant du doigt : « Hyll ».

Un soupire, ne savait elle donc pas s'exprimer ? Poème se désigna à son tour du doigt et prononça calmement son nom, comme on parle à un enfant. Devant l'air absent de la jeune chasseuse, Poème n'était pas à son aise. Finalement, l'autre sembla avoir trouver ses mots et dit, décomposant bien les syllabes mais avec un accent si poussé que la phrase en était à peine compréhensible : « Je m'appelle Arbrerouge ». Déconcertée, Poème garda pourtant un visage le plus avenant qu'elle pu et laissa son regard airer sur l'étrange accoutrement de cette visiteuse. Un morceau d'écorce de saule menaçait d'en tomber, attirant l'intérêt de Poème. Ainsi elle avait sans doute des compétences en médecine. Les plantes de ces contrées lui étaient pour la plupart inconnues, elle qui n'était jamais sortit du microcosme du monde des douze.

- Arbrerouge... Tu saurais soigner ?

Ne sachant pas trop ce qu'elle avait pu comprendre, elle désigna la cabane et poussa les branchages qui en obstruaient l'entrée, laissant apparaître Aubaine, pâle et en sueur. Poème se recula d'un pas, lui laissant le voie libre. L'inconnue s'approcha pour ausculter Aubaine. Les gestes de base que connaissent toutes les guérisseuses, couter les battements, trop rapides, du cœur de la jeune fille, prendre sa température en posant la main sur son front. Poème restait très proche, dague toujours à portée de main. Pouvait elle lui faire confiance ? Laisser sa fille à une inconnue ne lui ressemblait pas, mais s'occuper d'une enfant qui n'était même pas vraiment la sienne non plus. Elle hésita, mais la ressemblance avec Sylielle était si frappante, peut être parce qu'à ce moment l'aide de la Cendrecoeur aurait été la bienvenue... Elle se décida finalement, pourquoi pas après tout, elles montaient vers le nord, vers les terres glacées.

- Connais tu Sylielle Cendrecoeur ?

« Askahjärtlig? » S'écria l'étrangère d'un air surpris. Silence à nouveau, aucune ne savaient que dire. Un mot avait bien du l'interpeler pourtant, mais Askahjärtlig, qu'est ce que ça pouvait signifier ? Une autre langue, quelle chance... Mais que dire pour expliquer ? « Dame cœur de la Cendre ? » continua l'autre. La guérisseuse mis un moment à comprendre, mais la description semblait correspondre à celle qui avait était son maître, vouée corps et âme à la Cendre.

- Oui, Sylielle au cœur de Cendre, si tu veux... Une femme comme toi, aux cheveux rouge. Elle est dans le monde des douze, tu la connais ?... Au sud...

Montrant une vague direction, Poème ne lâchait pas son interlocutrice du regard. Un mince espoir de trouver un terme à cette longue pause au milieu des montagnes ? Une amie de la Cendrecoeur ? Ou une ennemie, qui sait ? Elle se remémora doucement ce que lui avait raconté Sylielle de sa vie. Des terres inhospitalières dont elle était partit sans en avoir l'autorisation, un rôle qu'elle avait refusé de jouer, une fuite. Que penserait d'elle ceux de sont peuple si cette femme en était bien ? Mais les questions fusaient du coté de l'étrangère qui avait apparemment oubliée son mutisme. Un flot de paroles complètement incompréhensibles où seule surgissait de temps à autre le nom de Sylielle. Oui, de toute évidence elles se connaissaient et avait même l'air plutôt joyeuse... Poème fixa la civière.

- Aide moi à transporter ma fille et je te mène à Sylielle.

Qu'importe qu'elle comprenne ou non, les gestes vers le brancard d'Arbrerouge et vers la pauvre Aubaine épuisée étaient assez éloquents. Poème posa un regard bleu sur l'inconnue et tendit la main vers elle, signe d'un pacte où les mots étaient inutiles. L'étrangère sortit un couteau et la petite fée se figea comme elle lui saisissait la main. Pourtant, elle laissa la lame l'entailler, elle avait compris et savait reconnaître les intention sur un visage, depuis le temps. Les sangs se mêlèrent, scellant le pacte, et Poème retourna vers la cabane pour poser un nouveau tissus humide sur le front d'Aubaine. Sans s'épandre plus longtemps en paroles inutiles, elle se mis à préparer la civière comme si elle lui appartenait. Mais l'autre lui saisit le poignée et sans plus de considération pour les désirs de Poème, elle revint vers la cabane et hissa la petite fille tremblante sur son dos. Rime s'approcha à l'appel de sa maîtresse et se retrouva attelée à la civière tandis qui l'éniripsette prenait la tête du convoi.

Pas après pas, elles descendirent vers les terres plus hospitalières du monde des douze, utilisant avec joie le matériel d'Arbrerouge. Couvertures chaudes, herbes médicinales, tente de peau de bête, tout un nécessaire auquel Poème n'avait aucunement pensée, n'ayant aucune habitude de la vie montagnarde. Somme toute, Aubaine souffrit moins du voyage du retour que sa mère ne le craignait mais les chaos n'améliorèrent tout de même pas sa fragile santé. Arrivées dans les contrées amaknéen, les trois femmes se dirigèrent immédiatement vers la demeure des mercenaires. En cours de route, Sureau, car c'était là une bien meilleur traduction qu'Arbrerouge, en appris plus sur la langue commune grâce à l'insistance de Poème qui avait bien l'intention d'en apprendre plus avant leur arrivée. Poème se hâta d'aller chercher ses herbes et autres potions dans la cave pour soulager au mieux sa fille tandis que Chimère, que plus rien ne retenait, partait seule dans les plaines, semblant suivre un chemin bien précis.
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MessageSujet: Re: La vie tumultueuse d'une folle accomplit   Mar 1 Sep 2009 - 18:24

Elyanah a écrit:
(À ma Poème que j'aime...)

La Lune, déjà haute dans le ciel, éclairait la petite cité d'Astrub endormie. Le vent accompagnait une ombre dans ses déplacements parmi les maisons faiblement éclairées par les feux de cheminées. Cette ombre, c'était Elyah. Ne trouvant point le sommeil, celle-ci s'était accordée une petite virée nocturne dans la ville à la recherche de réponses...En vain. Une bourrasque balaya les étoffes légères de la jeune fille ainsi que sa chevelure parsemée de perles en bois. Accroupie près d'un arbre, elle versait quelques larmes, caressant de ses prunelles les étoiles de la voute céleste...

- Qu'ai-je fait pour mériter cela...Pourquoi la vie est-elle si cruelle... murmura-t-elle, la tête levée vers l'océan d'encre et de lumières

Les astres restaient muets. Il était tard, et rentrer à cette heure tardive de la nuit risquerait d'éveiller les soupçons des mercenaires dormant sur Astrub. Elle pensa à la taverne, son refuge aux Koalaks, mais elle n'avait pas envie de dormir. S'enfuir, s'envoler, oui, partir loin de la société et de ses médisances.
Décidé, elle fouilla dans son sac à la recherche d'un petit objet insolite. Elyah sortit un haricot qui avait fait tant de misères aux oreilles de Mystore dans l'après-midi. En souriant, elle porta l'extrémité à ses lèvres et boucha un discret petit trou au dos qui transforma le son strident en ultrason imperceptible. De petits bruits martelaient les pavés du village. Une ombre chaleureuse pointa sa frimousse devant celle, fatiguée, de la joueuse d'haricopipeau.


- Kumquat ! T'es plus rapide d'habitude tu sais !
- Vruiiii ?

Elyah flatta l'encolure de sa monture. Celle-ci vint gratter sa tête contre le dos de la jeune fille souriante, qui ne manqua pas de lui donner sa ration quotidienne de poisson. Kumquat était un impressionnant mâle à la robe bicolore resté, malgré tout, très tendre et câlin en évoluant.

- On se met en route...On va chasser les buveurs de sang aux cimetières de Bonta mon gros !
- Vruiiii Vruiiiii !!

La traversée fut rapide. Les Kanigrous dormaient à poings fermés, facilitant la progression à travers la Plaine immense. Une brise légère fouettait son visage pendant le galop de son compagnon. Une brise pas comme les autres : câline, tendre et mystérieuse...

- Lui ? pensa-t-elle

Perdue dans ses rêveries, Elyah fut brusquement remmenée à la réalité lorsque sa monture se stoppa net sur ses deux pattes. Devant elle se dressait l'énorme portail rouillé et déglingué du cimetière de Bonta. Elle le scruta de haut en bas de ses yeux miels, puis s'empressa de remercier Kumquat de l'effort qu'il avait fourni pour elle. Elle remarqua alors que celui-ci ne réagissait pas à ses flatteries, occupé à renifler le sol, les naseaux dilatés.

- Quelque chose ne va pas Kum' ?

Sans prévenir la monture se cabra et Elyah eut beaucoup de peine à rester en selle. Il semblait préoccupait par quelque chose qu'il pouvait sentir et pas elle. Quelque chose ou...Quelqu'un ? Étaient-ils observés ?

- Du calme mon beau, qu...Eééééééh !!!

Kumquat ne supportant plus cette atmosphère d'oppression constante s'emballa et franchit le portail massif à tout vitesse. Ne voyant rien, la maraichère vouait une confiance aveugle à sa monture et s'agrippa légèrement aux rênes. La cadence infernale se stoppa peu à peu, débouchant sur une clairière, et en ouvrant les yeux Elyanah eut droit à un spectacle effroyable.

- Mais c'est...

Sans perdre une seconde, la jeune fille sauta à terre et s'empressa d'aller s'agenouiller vers le corps presque inerte d'une jeune sramette : Poésie. Une dinde, à son chevet, émettait de petits bruits sur-aiguës tout en essayant de la réveiller en soufflant de l'air tiède de ses naseaux.

- Eh..Je suis là ma grande. Réponds moi, montre un signe de vie !

Une petite main tremblante se resserra alors sur le poignet d'Elyah. Affolée, cette dernière se dépêcha d'hisser la jeune demoiselle sur selle où elle la rejoignit.
rapidement.

- Si vous êtes la cause de son état, je vous décapite à mon retour !! hurla-t-elle autour de soi.

Elyah fit un appel de langue et la monture se montra des plus énergiques, emboitée par celle de Poésie dont le nom lui était toujours inconnue. Qui allait-elle trouver en arrivant à Astrub ? Dans quel pétrin s'était-elle encore plongé ?


Dernière édition par Poème le Mer 16 Sep 2009 - 21:02, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: La vie tumultueuse d'une folle accomplit   Mar 1 Sep 2009 - 18:24

Chapitre 5 : Perte et retrouvailles


Ballotée de droite à gauche, de haut en bas, dans tous les sens, Poésie finit par reprendre conscience. Enfin, un bien grand mot pour le regard perdu et brumeux qu'elle jeta autour d'elle. Un mouvement, elle serait tombée au sol si Elyanah ne la tenait pas, puis elle se laissa à nouveau aller dans des rêves fiévreux. Son état de semi conscience ne l'aidait pas vraiment à réfléchir et les souvenirs s'effilochaient de toutes façon. Juste une pensée elle devait obéir sinon... Sinon quoi ? La jeune fille se laissa glisser dans le sommeil mais même ses rêves ne l'apaisèrent pas.

Sa peau était sèche, si bien que le moindre mouvement semblait vouloir la déchirer. Mais de toute manière, elle n'avait pas la force de se relever. Une voix grave psalmodiait un chant mythique qu'elle connaissait, mais n'avait jamais entendu. Avec un gros effort, elle ouvrit les paupières mais les referma au plus vite comme, partout, la poussière dansait autour d'elle comme une tempête de sable. Au moins comprenait elle mieux les picotement sur sa peau et cet affreux sentiment de sécheresse, mais le savoir rendait le phénomène encore plus insupportable, ou peut être reprenait elle conscience de son corps. La voix cessa enfin et elle pu regarder autour d'elle, mais tout était noir. Une lueur blanche, trop loin à son goût, laissait voir des reliefs minéraux, elle se trouvait dans une grotte dont le coude cachait la lumière du jour. La sortie ne devait pas être tout prêt pour qu'elle soit ainsi plongée dans le noir, mais facile à attendre puisqu'un rayon de soleil avait réussit à percer les ténèbres, au bout. La jeune fille se releva quand une main la plaqua à nouveau au sol sans la moindre difficulté. Ses forces semblaient s'être enfui, elle se trouvait incapable de se défendre comme on la recouvrait d'une couche d'argile. Elle s'affola, étouffant, puis s'éveilla en un cri... Toujours ballotée sur la dinde, retenue par les mains de la maraichère. Qu'est ce que ce rêve ? Ce qui s'était passé ? Pas tout à fait, peut être, elle ne savait plus. Elle se laissa aller sans résistance pendant le reste du voyage, des traces d'argile rouge, semblables à du sang dans la nuit, couvrant tout son corps et alourdissant ses vêtements en aillons.

Poème vit Elyanah arriver, transportant Poésie sur sa dinde et le releva, entre surprise et soulagement. Elle était en train de se décider à repartir et celle qu'elle cherchait arrivait toute seule, ou presque, la maraichère était avec elle. Pourquoi ? En quoi était elle impliquée dans cette histoire ? Avant toute question, Poème remercia Elyanah et l'abandonna pour transporter sa fille dans sa maisonnette de l'arbre d'Otomai où se trouvait déjà la jeune Aubaine, malade mais assez vaillante pour se gérer seule du moment que Poème lui préparait ses traitements. Elle était d'ailleurs assise sur le lit et bondit au sol en voyant sa sœur. Poème eu juste le temps de lui prendre le bras avant qu'elle ne chancelle, prise de vertiges. La guérisseuse allongea Poésie sur la banquette après avoir fait assoir Aubaine sur le lit et observa rapidement l'état de sa fille. Rien de grave, du moins rien d'apparent. La jeune sramette blanche avait bien du recevoir quelques coups ou chocs mais aucune blessure qui ne mérite qu'on s'en inquiète. Par contre, les plaques d'argile, principalement sur sa gorge et son visage, poissant ses cheveux, ne semblaient avoir aucun ses logique. Poème en gratta quelques une pour finir par en conclure que la peau ou les vêtements dessous n'avaient pas la moindre anomalie. Laissant Aubaine faire une rapide toilette à Poésie, elle s'en retourna à Astrub interroger la maraichère, mais rien. Juste trouvée dans le cimetière en passant le bonjour aux chafers, la belle affaire... Poème abandonna le questionnaire, espérant que tout s'éclaircirait avec le temps. Pourtant, elle se montrait plus vigilante encore que d'ordinaire et surveillait farouchement sa maisonnette.

Poésie fut rapidement en mesure de repartir courir et se battre comme si de rien était. Intrépide, insouciante et sans aucune conscience du danger, elle repartait hors de la protection familiale à peine remise, mais pourtant elle semblait changée. Quand sa mère l'interrogea sur ce qui était arrivé, elle ne dis mot et finit par lâcher sous l'insistance et l'interdiction de sortir qu'elle ne se souvenait de rien, juste d'avoir été emprisonnée, immobilisée, enterrée vivante, et qu'elle avait fuit vers la lumière dès qu'elle en avait eu la force. Ensuite, la nuit était tombée et elle avait avancé vers ce qu'elle espérait être le sud mais de ce voyage seule, elle ne gardait quasiment aucun souvenir. Esprit embrumé, la jeune fille n'avait pu que se trainer le long de la rivière puis quand l'eau avait changée de direction, elle avait continuée tout droit peut être. A la fin, plus moyen de boire, puis plus rien du tout, elle s'était réveillée là. Après ces brumeuses explications, elle fila dehors et repartit vers Brakmar. Poème finit les potions pour Aubaine, principalement des remèdes pour faire tomber la fièvre et autres fortifiants, et elle retourna à la caravane.

Quelques jours s'écoulèrent, bien des choses changèrent dans le clan. Trop de choses à préparer peut être, Poème ressentait de plus en plus le besoin de s'isoler quelques instants et surtout, la forêt l'appelait. Délaissant la caravane le temps d'une balade au bras d'un fringant abraknide, l'éniripsette s'enfonça entre les arbres comme la nuit tombait. Elle était attendue.

Seule entre les arbres, marchant depuis plusieurs heures dans les zones les plus sombres de la forêt, Poème retrouvait lentement un semblant d'équilibre. Espoir était avec elle, les deux âmes n'en formaient plus qu'une et l'été ne semblait pas vouloir cesser. Même la nuit était chaude sous les arbres, une chaleur moite et humide, sans brume ni nuage, et sans étoile non plus. Parfois, la lune perçait entre deux branches et on pouvait apercevoir un ciel sombre piqueté d'étoile, une étendue nocturne comme on en voit si souvent l'été mais dont le spectacle ne s'amoindrit jamais. Pourtant, Poème ne jetait pas le moindre coup d'œil vers les hauteurs célestes, errant parmi les troncs. Aussi, quand un voile sombre masqua les astres, elle ne s'en rendit pas même compte et ne s'arrêta que quand une étrange odeur vint titiller ses narines. Le vent portait des senteurs étranges et inquiétantes... Maladives. Autour d'elle, tout semblait plus terne, et elle s'aperçut bientôt que la tête lui tournait au point de ne plus pouvoir marcher. Elle se laissa aller contre un arbre rugueux et friable, pensées engourdies, fiévreuses et un mendiant s'avança vers elle, osant à enfin se montrer. Ses vêtements en haillons pendaient piteusement, graisseux et sales au point que la légère brise ne les faisait pas même trembler. De lui venait toute l'étrange odeur, il respirait la maladie et la faiblesse mais ne semblait pas le moins du monde ralenti dans ses mouvement. Sa main osseuse saisit la petite fée par l'épaule, et comme elle se rendait compte que sa gorge lui brûlait au point de ne pas même pouvoir parler, elle se retrouvait étendue sur le ventre, le visage dans la terre, à peine capable de respirer. Dans son dos, la rune brulait, essayant de la protéger du mal. L'odeur du sang vint se mêler à celle, putride, que dégageait le mendiant, comme la rune se mettait à saigner.

« Laisse là si tu le veux, vient et vie, j'ai besoin de toi. Je tien son existence entre mes mains alors montre toi tel que tu étais... » Chevrota la voix entre les lourds pans de tissus. Déchirée, Poème n'était plus reliée à son corps que par un mince fil blanc. Un fil d'âme, celle qu'elle avait si longtemps repousser... Car la rune s'arrachait à sa peau et plus rien ne la retenait dans le corps qu'elle avait usurper. Mais la fragile guérisseuse tint bon comme la peau se détachait de son dos, partant en d'affreux bourrelet blanchâtres et purulents. Plus que de la douleur, une violente démangeaison courait le long de sa colonne mais elle était trop faible... Sa main rencontra les chaires putrides de son dos avec horreur. Alarmée, elle se redressa tant bien que mal et laissa échapper un hurlement comme son dos à vif frottait contre l'écorce de l'arbre. Devant elle, un spectacle encore plus terrifiant lui coupa le souffle. Une partie de la peau de son dos était tombée au sol, et la rune restait bien visible sur ce lambeau de chaire. Comme appelés, des bêtes de la foret venaient s'amalgamer autour de la rune et y mourait, se décomposant à une vitesse effrayante. Même les fourrures et les os se disloquaient dans cet amas mais aucune odeur de décomposition n'en émanait. Peut être parce que celle du mendiant bouleversait déjà l'atmosphère ambiant ? Ce funeste balais sembla durer une éternité, mais le jour n'était toujours pas levé pourtant. Peut être l'inconfort et la douleur rendaient ils le temps plus long ? Puis, tout cessa d'un seul coup.

Silence, l'air avait repris le goût de la forêt. Douleur, dans son dos, l'affreuse plaie n'était en rien guérit. Crainte, l'amas de chaires bougeait... En fait d'amas, il n'en était plus un, une fourrure grise et propre le recouvrait entièrement, roulé en boule sur le sol. Son oreille bougea et vite - bien trop vite - il se releva en s'étirant sereinement. Ses yeux gris, brillants dans la nuit, se posèrent sur l'éniripsette qui ne fut pas capable de prononcer le moindre mot, brulée par ce regard. Souffle s'assit en tailleur devant elle, nu mais ne perdant rien de son panache et de son autorité. Cette nuit, surgit du passé, son maître venait de revenir. Celui qui l'avait fait tant souffrir, celui qui avait guidé ses pas depuis ses six ans, celui qu'elle avait tué, il était là devant elle, silencieux et sans le moindre signe de reproche. Mais elle le connaissait assez pour deviner qu'il n'en resterait pas là.

- Que ne viens tu pas me saluer ma brindille ? Aurais tu si vite oublié ton maître ?

Il n'attendait pas de réponse par bonheur; car Poème était incapable de prononcer le moindre mot. Figée, elle était incapable de lâcher ce regard, au point d'en oublier de cligner des yeux. Souffle lui pris la main délicatement et y déposa un baisé, comme l'aurait fait un homme bien éduqué à sa dame et, laissant sur l'arbre une trace sanglante, l'éniripsette pris enfin ses jambes à son cou. Il la laissa partir. Après tout, pouvait elle le fuir ? Certainement pas. Elle savait mieux que tous ce qu'elle lui devait et il n'aurait aucun mal à la retrouver. Il était d'avantage intrigué par celui qui l'avait renvoyer dans le monde des vivants... Et sous ses pieds, le cadavre de son ancienne vie que Poème avait si bien enterré et oublié ici avait disparu. Seul demeurait les ossements d'une sramette morte il y a plusieurs mois déjà mais dont l'âme vivait toujours, bien que ce ne fu plus vraiment elle.
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MessageSujet: Re: La vie tumultueuse d'une folle accomplit   Mer 16 Sep 2009 - 19:46

Chapitre 6 : Une sœur


Saorai a écrit:
Arrivant devant cette immense porte, je me sentis d' abord impressionnée, mais je n'eus pas le temps de me questionner plus, ma mère, qui me tenait par le bras venait d'entrer dans la demeure...

« Poooeeemmee !! » Hurla ma mère, sans se soucier des autres personnes qui étaient présentes dans la pièce. Je vis alors une toute petite Eniripsa lever la tête. En guise de réponse m'a mère n'eut droit qu'à un : « Hum ?... » grognant, ce que je trouva assez amusant. A peine la réponse entendu ma mère, qui me tenait toujours, se dirigea d'un pas déterminer vers cette espèce de naine. Mon père comme à son habitude suivait timidement derrière.
« Bonjjouurr ma .. heum... Chérie. » Commença ma mère.
Poème s'apprêtait surement à répondre mais celle-ci ne lui en laissa pas le temps : « Ma chérie... Je suis ta mère ! ».
Quelques personnes abasourdies apparemment par cette révélation se retournèrent et commencèrent à rire mais la naine bleue d'un regard compatit avec eux.
« Je me nomme Hortensia De Amakda, comme tu le vois tu n'est pas l'enfant de n'importe qui saches le mais bon, je ne suis pas venus pour cela, c'est quelque chose de beaucoup plus important que je te demande ! ». Ma mère prit alors un ton grave, presque tragique.
« Je dois rencontrer ton père ! Par Sadida, je ne l'ai pas vu depuis ta conception, tu te rends compte comme c'est excitant !! ».
Elle rit de son petit rire de crécelle qui m'énerve particulièrement. Mon père lui regardait ses bottes d'ambassadeur flambant neuves.
« Cependant je ne vais pas amener ma fille sur un tel rendez-vous ce serai tellement cruel de ma part ! Je souhaite donc pendant mon absence que tu enseignes à ma fille la diplomatie et l'honneur . Après tout, c'est comme si je te demandais de garder ta petite sœur ! ».
Elle rit de nouveau, Poème me jeta un regard malicieux en entendant l'expression « petite sœur », en guise de réponse je lui tira la langue.
Finalement, mon papillon de sœur prit un air dépité et s'adressa à ma mère.
« Allons allons gente dame, vous me prenez un peu de court. Bon, je n'ai jamais vu ma mère mais qu'est ce qui me prouve que c'est de vous qu'il s'agit ? Voyez vous, j'ai fait ma vie depuis, et bien autre chose à faire que de m'occuper d'une moitié de sœur. Et puis tout de même, croyez vous que je dirige une garderie ? Que voulez vous que je fasse de... Enfin, parlez moi plutôt de mon père, que je sache si ma famille comprend au moins un être sensé. »
Assez énervée par cet air hautin qui me rappelait vaguement mais quand même ma chère mère je dois le dire, je pris la parole :
« Bon... Poème, je suis ta petite sœur, enfin seulement ta demi petite sœur mais quand même une sœur et j'ai besoin, je veux de ton enseignement ! »
Poème me regarda en souriant puis me répondit :
« Et pourquoi te l'offrirais-je, gamine ? Donne moi une raison si tu veux que je m'occupe de toi, prouve moi que tu en vaux le coup car si tu exiges sans contre partie, n'attends pas à ce que je plie devant toi. »Amusée par ce rejet total auquel je m'attendais, je sortis ma carte fatale :
« Peut-être pas devant moi ...Mais... Devant ton père ? Lui répondis-je avec un sourire de " gamine " triomphante aux lèvres ».
Poème qui m'avait déjà tourné le dos se retourna et répondit :
« Devant mon père ? Devant un homme dont je ne connais pas même le nom ? Et en quel honneur lui obéirais-je ne sachant pas de qui il s'agit ? »
« Eh bien, si tu apprenais l'identité de ton père et qu'imaginons se soit quelqu'un d'assez important en matière de connaissance ? Finis mon entrainement et tu pourrai en apprendre plus. »
« C'est que j'ai un clan à mener moi, gamine. » Elle me fixa d'un regard évaluateur mais apparemment intéressée par ma proposition :
« Tu sais écrire au moins ? »
« Bien sur que je sais écrire, mon père n'a pas arrêté de m'enseigner diverses connaissances dont je ne me servirai probablement jamais mais qui doivent être suffisantes à satisfaire ton clan sœurette ! »
« Vraiment ? Et bien voyons cela... Écris donc une lettre au conseil pour expliquer ton cas, nous allons bien voir si tu sais les convaincre. Après tout, si je peux être fière de ma sœur, autant l'exhiber comme un trophée dans cette belle demeure. »
Elle soutint mon regard pendant une dizaine de seconde puis avec un sourire malsain à mère elle lui dit :
« C'est à elle de prouver, votre insistance ne sert à rien. »
Notre mère, comme à son habitude, euphorique, laissa éclater sa joie :
« Mais c'est forrmmiiidaabllle les filles ! J'espère que vous vous amuserez bien pendant mon absence. En tout cas, nous y allons ! »
« Mais mère... » J'eus à peine le temps de protester, elle avait déjà tourné les talons vers la porte d'entrée et s'apprêtait à sortir. Mon père me prit alors par les épaules, planta son regard vide dans mes yeux et me dit : « Va ! ». Puis il partit, me laissant seule avec cette affreuse demie sœur de rien et mon courage...
A peine eus-je le temps de me retourner que Poème me coller entre les mains un parchemin ainsi qu'une plume. Elle repartit ensuite à son bureau continuer la paperasse du clan, quand à moi, je m'attelais à ma tâche : rédiger une lettre au conseil et gagner l'estime de ma sœur.


Après avoir contempler Poème pendant un long moment, je m'attelais à sa tâche. Saisissant la légère plume, je commençais à grattouiller le parchemin.


Dernière édition par Poème le Mer 16 Sep 2009 - 21:01, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: La vie tumultueuse d'une folle accomplit   Mer 16 Sep 2009 - 21:00

Chapitre 7 : Fuite


Cette fois, ses craintes étaient fondées.
Assise dans le QG de cania, seule, plus seule que jamais et la lettre entre les mains, Poème était immobile depuis plusieurs heures. Elle devait partir, elle n'avait pas d'autres option. Mais le clan ? Elle y tenait tant, que dirait Sylielle ? Rien du tout, elle ne la reverrait plus, elle ne reverrait plus personne désormais. Du moins plus un seul des êtres auquel elle tenait. Elle n'avait pas envoyé sa réponse encore, il était toujours temps de changer d'avis mais... Elle n'en avait pas le droit, pour sa famille, pour le clan, pour tout. N'avait elle pas dissimulé la réalité depuis le début à la caravane ? En fait elle n'avait jamais été digne d'y entrer. De quel droit y resterait elle, la mettant en danger ? L'éniripsette relut la lettre en clignant un peu trop des yeux puis elle s'adossa au mur froid, se fermant au reste du monde. Un étrange petite animal lui avait apporté cette missive et depuis elle restait cloîtrée ici.

Brusquement, comme poussée par une douleur soudaine, Poème se releva et partit à grandes enjambées - du moins aussi grandes que cela est possible pour une petite fée - vers son bureau. Il était dans un délicieux foutoir, et le mot est faible, mais une demi heure à peine après son entrée, l'antre de la jeune femme se trouvait parfaitement rangée. Tous ce qui était personnel ou compromettant, elle l'avait rangé dans une sacoche de cuire qu'elle emporterait. Elle s'affaira alors à valider les quêtes de ses nombreux apprentis. Nombreux ? Plus tant que ça... Symphony s'occupait elle même d'apprentis maintenant, Mystore, Saorai et Royaliity étaient compagnon et Recess en instance de départ. Restait Blue, sa sadidette rêveuse. Pouvait elle sans remords la laisser seule après avoir lu cette seconde page de son journal ? Non, impossible, elle la confierait donc à celle en qui elle avait le plus confiance... Sa seule amie, celle qui se fichait de son coté sombre et qui l'avait toujours traité de manière égale. A ses pieds, le chaton roux dormait roulé en boule alors qu'elle écrivait sa première lettre de départ.

Sur un parchemin emporté par le chaton vers sa destinataire, Poème a écrit:
Ma maraichère préférée,

Non, je ne t'écris pas une lettre d'amour mais plutôt, disons, un contrat de donation ? Allons tout de suite à l'essentiel, ce sera plus simple pour toutes les deux : Je veux que tu te charges de la fin de l'apprentissage de Blue-Sa. Je ne peux plus m'en occuper et tu n'as pas besoin de connaitre les raisons mais juste celles qui me poussent à te la confier. Tu trouveras dans le même colis son journal intime que je t'invite à lire avec attention. Agit en conséquence, si je t'en fais part c'est que je te pense digne de confiance.

Je te confie donc officiellement la fin d'apprentissage de la seule apprentie qu'il me reste vraiment.

Avec mon amitié fruitée,

Poème.

Après avoir ficelé le colis et l'avoir donné à son chaton sans même se lever de sa paillasse, Poème repris sa plume. Elle n'avait pas finit, elle devait aussi avertir le conseil, et tous les mercenaires aussi. Le devoir pesait sur ses épaules au points de l'écraser, il avait raison, sans doute avait elle besoin de reprendre son apprentissage. Se laisser ainsi affectée par ses émotions n'était pas digne d'une assassin. Mais elle ne l'était plus ! Elle avait passé ce cap ! Jusqu'alors...

Elle disposa sur son bureau les différents rapports de ses apprentis, afin qu'ils puissent les trouver quand ils passeraient et lança un regard noir à la lettre qui la forçait à tout laisser. Une fois de plus, elle du retenir ses larmes, cette lettre n'avait pourtant rien de bien choquant ! Mais l'écriture, elle ne la connaissait que trop malgré l'absence de signature. Quelques mots, simples, qui la laissaient à la limite de la rupture.

Un inconnu a écrit:
Bonjour belle demoiselle,

Je voulais simplement vous avertir que j'ai rendu visite à votre charmante enfant. Elle m'a servi un thé excellent d'ailleurs. Je n'ai vraiment rien à redire quant à l'éducation que vous lui avez donné, elle est courtoise, agréable à côtoyer, et presque aussi séduisante que votre chère et tendre sœur. Oh, bien entendu j'aurais certaines choses à leur apprendre mais je ne m'en chargerais que devant votre refus.

Vous le savez, belle dame, vous avez toujours était ma favorite et aucune beauté sur terre n'y changera rien. Je vous attends donc toujours, même après toutes ces années et cette sanglante séparation dont nous avons tout deux tant souffert. Avez vous à ce point oublié le passé ? De cette jolie petite demeure où Aubaine dort paisiblement et où Saorai ne tardera pas à revenir, je vous implore d'accepter de me revoir et de reprendre ce que nous avions entrepris tout deux il y a si longtemps. Je vous attendrai donc jusqu'au couché du soleil, n'est-ce pas l'heure du couvre feu pour Saorai ? Une lettre suffira, ma douce aimée.

Si vous acceptez, c'est que nos retrouvailles sont plus que nécessaires à votre équilibre.

Votre fidèle amant.

Une lettre d'amour ? Vraiment ? Non... Il n'en était rien, tout ici n'était que menaces et faux semblant. Mais qui s'en serait rendu compte sinon la destinataire ? Ses mains se mirent à trembler malgré elle. "nécessaires à votre équilibre" ? Oh, combien il avait raison. Elle se trouvait prête à offrir sa liberté pour ceux qu'elle... aimait ? Oui, elle les aimait et ne pouvait pas les laisser entre ses mains. Pourtant, elle ne vendrait pas son âme au diable pour rien. Non, elle comptait bien écrire un pacte draconien qu'il serait forcé de respecter. Mais avant tout, partir de toutes les organisations qu'elle ne voulait pas briser, et donc quitter la caravane. Et le temps lui était compté, aussi commença t-elle avec anxiété sa dernière lettre à la caravane.

De sa plume blanche habituel et d'un trait simple ne montrant rien de ses sentiments, Poème a écrit:
Mercenaires,

Cette lettre ferai sans aucun doute plaisir à certains mais peut être quelques uns me regretteront ils ? Qui sait ? Mais qu'importe, je m'en vais. Oui, j'abandonne le clan pour des raisons que je préfère taire car elle ne regarde que moi et vous porteraient préjudice si vous les connaissiez. Une départ bien soudain, une simple disparition, mais gardez en tête que je ne le fais que par devoir. Je vous laisse pourtant avec regret et m'en retourne vers le passé sans un regard en arrière. Vous ne me reverrez sans doute que peu mais c'est mon choix.

Qu'ajouter de plus à l'attention de tous le monde ? Rien, je n'ai plus rien à dire, les derniers messages seront donc personnel même si tous le monde pourra les lire.

A mes apprentis, je veux donner un rêve qu'ils pourront réaliser. Continuez sur votre voie, suivez votre chemin et ne vous en laissez en aucun cas détourner. Oui, je vous abandonne, mais au sein d'un clan que saura vous épauler.

A la maraichère et à Blue, je vous demande de vous faire confiance l'une l'autre car je confie la fin d'apprentissage de ma sadidette rêveuse à Elyanah. En ai-je bien le droit ? Qu'importe, tel est mon choix. J'espère que vous saurez toutes les deux poursuivre votre vie dans la caravane.

Pour ma sœur, je veux juste qu'elle sache que ce que je lui ai fait promettre est plus que jamais d'actualité. Aubaine se chargera d'elle, j'ai confiance en ma fille.

Sur ceux je vous laisse, tous. Au revoir caravane, j'ai aimé suivre ton cours.

Poème d'Amakda.

Poème pris la sacoche de papiers qu'elle comptait garder et la lettre douloureuse, puis elle entreposa avec une précision méticuleuse les parchemins, lettres et rapports sur la table et partit en direction de Jade.
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Poème
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MessageSujet: Re: La vie tumultueuse d'une folle accomplit   Jeu 17 Sep 2009 - 1:05

Chapitre 8 : Fuite (suite)


Jade, enfin le calme. Une verdure qu'elle allait devoir quitter une fois de plus. Elle se laissa guidée par ses pas vers la bibliothèque. Une lettre à écrire d'urgence car le jour n'allait pas tarder à tomber. Le chaton était revenu et la suivait comme son ombre comme si il savait qu'elle allait avoir besoin de lui. Elle poussa la lourde porte de la bibliothèque et se faufila à l'intérieur sans oser ouvrir trop. La porte laissait encore passer une fine fente de lumière alors que Poème se glissait vers le fond de la salle. Assise dans l'univers poussiéreux peuplé de livres, elle entreposa devant elle une liasse de parchemin, une plume noire comme la nuit et un petit pot d'encre tout aussi sombre. Elle devait écrire, encore. Écrire à Jade mais avant tout, répondre à cette lettre bouleversante avant qu'il ne soit trop tard. Elle avait fait son choix, elle ne pouvait plus revenir en arrière puisque déjà, des ponts étaient coupés. La main qui saisie la plume tremblait un peu comme elle s'appétait à écrire sa lettre la plus importante de la soirée.

D'une main ferme et mal assurée, Poème a écrit:
Maître,

Je viendrais vous retrouver sous notre lune sombre si vous acceptez ces termes. Mon choix est fait, mais si vous veniez à refuser une seule de ces lignes, tout le contrat s'en effondrerait.
  • La première lois concerne ma famille auquel vous ne devrez en aucun cas touché. Aucun être qui me soit lié par le sang ou qui soit lié à mes filles ne doit être entrainé vers la nuit. Et cette règle signifie aussi que vous devrez m'épauler pour les détourner de cette voie si ils s'y engage même sans votre concours.
  • La deuxième exigence est pour les mercenaires. Dans aucun cas vous ne devez toucher au clan, pas même indirectement, et pas même pour l'aider. Je le veux libre et sans le moindre trace de votre griffe.
  • La troisième requête concerne Jade. De la même façon que je vous interdit tout échange avec le clan, vous ne devrez pas posé la moindre trace dans la vie de Jade.
  • Enfin, la dernière est pour Aubaine. Je sais que vous en avez le pouvoir ou du moins que vous connaissez celui qui l'a. Elle doit guérir, simplement. Elle doit pouvoir courir et vivre comme avant sans plus de gène.

Je n'accepterai pas la moindre distorsion d'une de ces règles car vous avez devant vous les trois seules entités qui me tiennent à cœur. Gardez bien à l'esprit que je ne cède que devant les menaces et que je ne reviens qu'à contre cœur. Votre brindille a bien changée, maître, et elle ne se laissera pas modelée à nouveau sans combattre. Je m'en remet à vous pour protéger et sans doute ai-je oublié beaucoup de la formation que vous m'avez donner. Ai-je besoin de retrouver l'amertume d'un assassin ? J'en déciderai moi même, mais je tiendrais ma part du marché. Quant à mes sentiments, vous ne pouvez en aucun cas les modifier. Répondez vite et quittez ma demeure avant le nuit comme vous l'avez promis.

Le cœur froid, je vous suivrez,

Celle qui n'a plus de nom.

Elle garda longtemps les mains posées sur le parchemin, retenant à grand peine les larmes. Qu'avait elle oubliée ? Sans doute tant... Il ne faisait aucun doute qu'il trouverait le moyen de contourner ces lois mais si elle en mettrait trop, il la forcerait tout simplement à accepter sans condition. Si il validait ce marché, ce serait uniquement pour avoir sur elle un levier de plus et elle en était bien consciente, mais son choix allait vers les autres, aussi était elle prête à s'enfoncer encore plus dans l'ombre pour en protéger ceux à quoi elle tenait. Une larme se fraya finalement un chemin dans ses yeux secs. Depuis combien de temps n'avait elle pas pleuré ? Avait elle déjà pleuré ? Elle ne savait plus mais la cire de sa bougie coula pour cacheter la lettre malgré tout, et le chaton l'emporta vers l'enfer. Savait il ce qu'il faisait ce petit animal ? Après tout, d'où venait il ? Tant pis, même si son petit compagnon avait toujours était mené par les pattes d'un fantôme, il ne faisait qu'accomplir son choix.

Jade, il était temps de penser au royaume. Que faire, la question ne se posait pas en fait, rester au royaume alors qu'elle s'apprêtait à le rejoindre serait pure folie. Non, elle ne ferait pas subir sa dangereuse présence à un vert pays qu'elle cherchait justement à protéger. Jamais. Elle trempa une fois de plus sa plume dans l'encrier et se mis à rédiger son ultime mot à Jade. Après tout, à quoi bon rester quand il lui faudrait réduire au maximum ses contacts afin qu'il ne récolte pas trop d'informations par son concours ? Elle n'avait jamais était aussi ennuyée de connaitre tant de monde.

Sans regret, Poème a écrit:
Jade,

Je suis dans le regret de vous annoncer mon départ. Je suis venue voir si ma fille se portait bien et il s'avère qu'elle ne fait que s'épanouir dans votre vert royaume. Pourquoi resterais-je quand à la maison de retraite on a encore besoin de moi alors qu'ici, Aubaine a plutôt besoin de prendre son indépendance ? J'ai voulu la suivre et vous connaitre, j'ai voulu voir ce royaume si doux donc elle me parlait avec amour. J'ai appris à vous connaitre et n'en retire que des bons et apaisants souvenirs. Ceux là, je les garderait bien dans mon cœur car ils me soutiendront sans doute bien plus que vous en pouvez l'imaginer. Pourquoi partir si j'y suis bien ? Pour laisser la paix régner encore et toujours dans votre petit paradis.

Je ne m'étendrais pas en tragiques tirades désespérées car je pars en amie, et en découvrant mon attachement pour ce beau pays. Continuez votre route, gardez ce petit domaine sans fin dans sa splendide verdure car il ne doit en aucun cas disparaitre. Aubaine vous aidera et poursuivra sa route parmi vous, c'est une certitude. Mais nos chemins se séparent simplement et je ne crois pas que je vous reverrais avant longtemps. Ma route suivra un sentier bien trop différents du votre, aussi vaut il mieux nous séparer pour garder de chacun le meilleur souvenir qui soit.

Avec tout mon amour pour la quiétude de vos vies,

La mère d'Aubaine.

Elle se leva et parti vers la taverne le cœur lourd. Non, quitter Jade n'était pas ce qu'elle voulait mais ce qu'il fallait. Quel choix avait elle fait sinon de ne pas briser le monde dans lequel elle vivait ? Avait elle jamais eu le choix ? Voulait elle de cette vie quand on l'avait mener à l'abattoir le jour de ses six ans ? En silence, les yeux plus sec que jamais et le regard glacé, elle épingla sa lettre bien en évidence sur la porte de la taverne avant de retourner se terrer dans son antre. La bibliothèque. N'était-ce pas le seul lieux où elle s'était trouvée bien quand elle n'était qu'une enfant, dague à la main ? Il n'était pas temps de penser au passé, elle avait une sœur et deux filles à protéger. Mais elle n'eu pas le temps de prendre la plume que le chaton roux revenait avec une lettre dans la bouche. Une missive très courte qu'elle décacheta les mains tremblante.

L'inconnu a écrit:
Ma brindille,

Je t'attendrai là où nous nous sommes toujours retrouver et ainsi pourrons nous faire à nouveau fleurir le passé. Ton accord, je l'accepte les yeux fermé et jure de le respecter. N'est-ce pas là un beau geste d'amour ?

Ton plus fidèle amant.

Il la narguait, mais au moins avait elle obtenu ce qu'elle voulait. Rapidement, elle rédigea une dernière lettre pleine d'anxiété. Il lui fallait avertir sa famille du danger, il lui fallait contacter la seule fillette capable de prendre soin des deux autres. La lettre devait semblait brusque...

Avec une hâte qui ne lui ressemble en rien, Poème a écrit:
Aubaine,

Ma fille, tu sais ce que je suis mieux que tout autre, et tu as toujours accepter. Mais cette fois ci tu devras t'éloigner de moi car tu as deux fillettes à protéger. Je ne fais aucune confiance à Poésie et Saorai pour rester sage et ne pas se précipiter dans les bras du danger. Je veux que tu veilles sur elles, aussi n'auras tu pas le droit de chercher à me retrouver. Fait comme si j'étais perdue à jamais, ma précieuse enfant. Elles doivent toutes deux dormir en sécurité à la maison, je t'en pris, veille sur elles...

Peut être qu'au fond, je vous aime,

Poème.

Si la dernière phrase lui avait beaucoup coûté, au moins Aubaine comprendrait elle qu'il s'agissait belle et bien d'un adieux. Poème tendit le parchemin savamment fermé au chaton roux et celui ci fila en direction d'Otomai. Elle resta là une heure, peut être deux, sans bouger, puis se dirigea vers son destin sans la moindre larme. Ses yeux bleus nuit étaient à nouveau ceux d'un assassin.
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