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 Objet trouvé: ce que j'aime dans JOL...

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Tal-Mahera
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MessageSujet: Objet trouvé: ce que j'aime dans JOL...   Mer 16 Jan 2008 - 10:32

Citation :
Comment se faire accepter par une guilde de kikitoudurs ?


Ce post vise à insuffler un peu d’humour dans ce cyber monde si sérieux... pas taper.


Dur de poser une candidature sur un de ces forums guilde peuplée de HL où l’on vous demande tout et surtout n’importe quoi, pourvu que vous colliez à l’ambiance kikitoudur. Entendons nous sur une définition personnelle de ce terme Ô combien pertinent : le kikitoudur est un gamer, généralement mâle, souvent HL et fier comme un pou de son statut. « Humilité » est pour lui une marque de lessive. Par-dessus tout, il a et sait tout mieux que vous. Si par malheur votre amulette est mieux que la sienne, il vous rétorque immédiatement qu’il a un pote qui en a une bien meilleure ! Vous avez dropé votre première guildalo, il en a déjà vendu 5. De langue bwork, fieffé béotien, le kikitoudur a l’insulte facile. Je pense que la notion, déjà éculée, est maintenant claire. De mes pérégrinations sur ces forums, j’en ai tiré quelques conseils humoristiques afin d’infiltrer ces microcosmes bidonnants ou navrants… c’est selon.

- L’identité. Premier exemple qui me vient à l’esprit, beaucoup demandent votre prénom : à se demander l’utilité des pseudos et du respect de la vie privée… Comme si le fait de s’appeler Robert ou Kevin pouvait influer sur votre jeu et votre destinée : mais qui sait ?! Bref, balancez un nom passepartout, de la neutralité la plus totale pour éviter la vanne foireuse dont le kikitoudur, toujours à l’affût du jeu de mot à deux balles, ne se privera pas.

- Le caractère. « Je suis super sympa » est votre meilleure réplique. La star de toute bonne présentation, cette phrase n’engage à rien : que vous soyez un profond misanthrope ou la dernière des peaux de vache, le kikitoudur aime savoir qu’il est entouré de gens « sympas » et son cerveau verra immédiatement l’appel du pied ; la possibilité de squatter votre xp, vous taxer vos drops ou tout objet que vous aurez sué à crafter… Ne soyez pas « gentil », qui induit une candeur que le kikitoudur, comptant les trois poils qu’il a sur le pubis, prendra pour un manque de virilité. Soyez « super sympa » !

- Vos compétences. Vous avez des métiers de haut niveau ? Vous avez une connaissance pointue du jeu ? Vous savez animer, modérer, organiser et faire vivre une guilde ? Vous êtes profondément sociable et prêt à vous jeter corps et âme dans n’importe quel projet ? Le kikitoudur s’en tape. Lui, ce qui l’intéresse avant tout, c’est votre level et votre équipement. Peu importe que vous soyez une vraie peste, si vous êtes « super sympa » et que vous êtes un bourrin armé jusqu’aux dents, le kikitoudur voit déjà à travers vous le gus qu’il va coller pour xp à l’œil et qui va l’aider à s’équiper.

- L’originalité est votre pire ennemie ! C’est la faute de goût qui vous vaudra toutes les moqueries et les réflexions les plus mesquines. Sacrieurs feu, Osamodas agiles, Eniripsa force, votre candidature est morte dès votre naissance. Vous êtes une classe force lvl 8x et vous dédaignez la panoplie Terrdala ? Le kikitoudur trouvera ça suspect. Il aime le standard, le convenu, ce que son étroit esprit avili par des heures de jeu reconnaît comme efficace. Il déteste ou raille ceux qui sortent du rang. Vous êtes prévenus : un féca est monté feu et au lvl 120 il a une béquille sur la tête, point final.

- Le langage bwork : l’art de l’utiliser avec subtilité. Ce langage, entre SMS, mots hachés et fautes d’orthographes, fait tout le sel des guildes de kikitoudurs. Un tel forum sans ses camions de fautes à faire damner tous les profs de français, serait comme une tartiflette sans l’odeur de pieds. Mais attention aux pièges : le 0 faute et vous passerez pour un insupportable pédant ; trop de fautes et c’est la remarque éliminatoire (qui sera elle-même truffée de fautes, cela va sans dire). Sachez faire preuve de subtilité et collez à la moyenne des lieux. La finesse suprême est de repérer le type qui s’improvise prof de français, toujours prompt à jaillir du maquis quand il aperçoit le « s » manquant dans l’océan de fautes. Faites en tout juste une ou deux de plus que lui et vous faites là d’une pierre deux coups. D’une part vous flattez son égo en montrant que vous ne lui êtes pas supérieur, et surtout vous lui permettez de glisser sa rengaine « ya qq fautes mé pas tro ».

- Culture. « Le Seigneur des Anneaux est mon film préféré ». Cette phrase est un marronnier de tous les forums de gamers. Elle montre d’une part que vous avez passé l’âge d’Harry Potter, et permet d’abonder dans le sens de 95% de la population. Sachez tout de même vous maîtriser et n’osez pas le « Tolkien c’est le Balzac de la fantasy » : vous ne vous feriez pas comprendre et basculeriez du côté obscure de l’intello pédant. Bien sûr, vous adorez les mangas et Les Experts.

- « Je recherche l’entraide ». Pécher mortel ! Coupez-vous une main plutôt que d’écrire cette ineptie ! « Entraide » est un mot tabou. Il signifie que vous attendez quelque chose de la guilde et le kikitoudur déteste se sentir sollicité ; menace insupportable à son propre avancement et risque de se voir dépassé : l’enfer. De la même manière, « j’ai du mal à m’équiper » équivaut à se tirer une balle dans le pied. Aveux de faiblesse, vous serez accusé de vouloir entrer dans la guilde pour pouvoir vous équiper. Comme si une guilde était un lieu d’entraide, pauvre naïf…

- Vous et la guilde : une famille. Ficelle bien connue, le « je connais déjà beaucoup de monde dans la guilde » fait mouche. Il montre déjà votre attachement à l’esprit confraternel qui règne chez les kikitoudurs. Tout le monde s’insulte copieusement, se tire dans le dos, rêve d’être calife à la place du calife… mais bien entendu et c’est marqué dans le post-it de recrutement « La guilde n'est pas qu'une simple guilde mais bien une famille solidaire et soudée ». Alors faite preuve d’une amitié dégoulinante ! Vous êtes ami de machin, vous avez aidé truc-muche quand il s’est fait hacker, vous avez crafté des objets pour la moitié de la guilde gratuitement, tartempion n’aurez pas son équipement si vous n’aviez pas été là… Pour être canonisé, insérez un vibrant « pour moi cette guilde, c’est comme une famille… » avec les « … » pour marquer l’émotion !

Ce sont là quelques principes de survie en ces territoires hostiles à toute forme d’esprit que sont les guildes de kikitoudurs. Le sésame ultime est d’être ou de se faire passer pour une jeune et jolie jeune fille (célibataire évidemment) et de glisser dans la candidature une photo factice mais crédible et surtout mimi tout plein. Cette arme ultime, c’est un peu votre herbe à chat pour prépubère. Vous voilà armé et affuté pour entrer dans ces lieux de ténèbres intellectuelles.
Ce post à vocation distractive et humoristique est aussi une marque d’affection envers ces forums et ces guildes qui, s’ils n’existaient pas sur tous les serveurs, ne m’auraient pas offert tant de fou rire. Qui aime bien, châtie bien

[merci a Psechant de m'avoir fait rire de bon matin Laughing ]
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Dernière édition par le Mer 16 Jan 2008 - 11:04, édité 2 fois
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Tal-Mahera
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MessageSujet: Re: Objet trouvé: ce que j'aime dans JOL...   Mer 16 Jan 2008 - 10:51

Grand-Mère, merci de ce cours, nous sommes sauvés! cheers

Citation :
Petite grammaire du SMS
Par quelle folle dégénérescence en sommes-nous arrivés à ce point ? Je ne comprend même plus mon petit-fils et à peine ses parents. A table un dimanche je tendais une oreille attentive, les neurones tendus à l’extrême, tentant vainement de saisir de quoi ma famille discourrait. Leur conversation n’évoquait pour moi que crissement de craqueleurs et plaintes de bwork.
Je leur demandais quel idiome savant ils utilisaient, mais ne reçu en réponse qu’un rictus goguenard et cette réplique lapidaire : « sa va + vite gdmer ».

C’est en contemplant une carte d’anniversaire envoyée par un neveu que je pris une importante décision. Le bout de carton malhabilement décorés de graines de pandouille et de plumes de piou portait en son cœur ces mots mystèrieux :
« gg pour ton up gdmer ta cb de poil blan ?»

Je ne pouvais laisser grandir un tel abîme d’incompréhension au sein même de ma propre famille. Et puisque visiblement mes petits-enfants étaient trop pressés pour me parler de façon intelligible, ce serait à moi de prendre le minotoror par les cornes.

De ce jour là, je m’attelais à collecter le plus possible d’échantillons de cette langue surgie de nulle part. Tout m’était bon. Je me glissais dans les files d’attente aux ateliers, guettais les groupes d’aventuriers au sortir d’un combat, passais des heures là où le temps est suspendu, zaap, hôtels de vente des ressources, banque, zone où il se dit qu’un jour un gelano est tombé…
J’espérais faire mon beurre à la taverne, où d’habitude se forgent les plus mémorables néologismes avinés. A ma grande stupeur, les clients s’y tenaient passablement alcoolisés, certes, mais encore maîtres d’une langue châtiée et familière à mes vieilles oreilles.

Dans le même temps, je contactais quelques confrères et amis, tous férus de belle langue, et tous naufragés en ce nouvel océan linguistique. Certains qu’à nous tous, nous pourrions circonscrire les limites du SMS.

L’œuvre n’est pas aboutie. Le pourrait-elle d’ailleurs ? cette langue se tortille en tous sens, furète dans les champs lexicaux, s’insinue partout, avide de temps et d’urgence, avalant préfixes et désinences d’une même bouchée gloutonne. Quand nous pensons l’avoir cerné, une nouvelle occurrence jaillit, empruntée à d’autres langues et met à bas notre fragile édifice.

On pourrait blâmer notre naïveté à vouloir définir les contours d’un idiome si protéiforme. Or il apparut assez rapidement que le SMS, pour iconoclaste et révolutionnaire qu’il prétendait être, n’en répondait pas moins à des règles finalement précises.

En douteriez-vous ? Lisez par exemple la phrase suivante :

« n@ / loo ~ rbv 47 ? hh »

A coup sûr cette phrase ne fait aucun sens. « hh » ne vous évoque rien et cependant « bb, cc, gg, ++ » font immédiatement cherrer la bobinette de votre intellect.
Si « x ottt bin vogk 5 » vous laisse perplexe, « lol t bo ta 1 fam » peut aisément se traduire par « Vous me plaisez, mon ami, je serais honorée d’égayer vos vieux jours ».

CQFD, il y a règle.

Aussi plutôt que de courir après l’établissement sans fin d’une liste ouverte de mots glanés à droite à gauche, nous décidâmes de procéder avec stratégie : définir les règles. Comme je l’expliquais à mes compagnons, on ne peut apprendre le football en observant le trajet du ballon, il faut surtout savoir qu’on joue avec les pieds.

Règle première : « tin pass >< sal noob »

Il faut se dépêcher, c’est un fait. Pour aller où ? Qu’importe pourvu qu’on y aille vite.
Aussi la première règle consiste-t-elle à sabrer violemment tous les aérofreins de la langue : doublement de consonnes, accords muets, accents et ponctuations, voire articles et sujets.

On ne dit donc pas « j’ai faim » mais « faim » ou mieux encore « miam ».

Il faut admettre que notre langue à poussé le vice jusqu’à compter un nombre absurdement élevé de graphies différentes pour un même son.
Le son [in] peut s’écrire comme dans main, faim, matin, alun, coing, chien, et j’en passe.

Au diable tout ça, il faudra désormais écrire « in » comme dans « ta du pin ? ».
De même on dira o pour au, u pour ou, é pour ai, ais, ait, aient, és, ées , et.

Se met en place alors une conjugaison bien moins rébarbative du genre : je miam, tu miam, il miam, nous miamon, vous miamé, ils miam.
Et comme les sujets ont tendance à disparaître, on dira uniformément : miam (ou vé miamé, pour plus de dynamique).

Exercice 1 :

Veuillez traduire en SMS les mots suivants :

Copain, quelqu’un, faut,

Tout ce qui peut prêter à confusion sera éliminé. Rappelons-le, pas le temps de réfléchir, allons à l’efficace.
Donc le son [s] qui peut s’écrire comme dans « soin, attention, poinçon ou passion » sera universellement transcrit pas S.
De même le [k] comme dans « quelqu’un combat des koalaks » devra voir la lettre K s’installer en toute place.
Ce qui devrait nous donner :
« kelkun konba d koalak »

Exercice 2 :

Envisagez par quelle lettre peuvent être remplacés les phonèmes suivants :

Bouille, paye ton pain, tu es le meilleur

Le gain de temps est certes appréciable, mais pas encore suffisant pour nos jeunes générations. Une autre brèche d’importance a été battue dans la langue, qui fait gagner de précieuses secondes. J’ai nommé les abréviations.
Allez donc placer un « chouette, j’ai réussi un coup critique contre ce redoutable kanigrou malodorant, et il en est mort » entre deux coups de dagues. Non seulement on se moquera de vous, mais en plus vous passerez stupidement votre tour.

L’aventurier expérimenté se contentera d’un « gg g OS le kani ki pu vek 1 cc ».

20 lettres au lieu de 86, avec le seul concours de quelques abréviations, l’exploit est remarquable.
Le nombre d’abréviations que l’on peut rencontrer est infini. Certaine allant du plus strict minimum ( k, pour « je suis d’accord avec vous », jusqu’à de plus longues accordant quelques lettres au seuil de compréhension : percep pour percepteur.

A noter que l’abréviation n’est pas forcément un acronyme. Si « lol » (préféré à mdr en raison de l’emploi de deux lettres au lieu de trois) est bien l’acronyme de Lots of laugh, « pp » en revanche accorde curieusement l’apparition du p médian de prospection… Allez comprendre…

Exercice 3 :

Complétez les abréviations suivantes :

Bn, np, gg, tt, tkt, dj, fm, ptdr, osef, tal


Règle deuxième : "s’kompliké le semeusseux Oo »


Nous abordons un aspect tout à fait étonnant du SMS. C’est une langue écrite et même tapuscrite (l’économie de langage se traduisant toujours par une économie de gestes sur le clavier, d’où l’attirance nettement prononcée pour les répétitions d’une même touche).
Or cette langue a pour unique objectif de transmettre l’oralité du discours. C’est dire qu’il faut véhiculer tout ce qui dans une conversation participe à l’échange, et bien des signes dépassent les limites du langage : ton, gestes, mimiques du visage, sourire ou froncement de sourcils, direction du regard, etc.
Le SMS réussit cette gageure étonnante de charrier tout cela sans trop s’encombrer de manières. Voyez cette phrase :
« Merci, c’est gentil, mais ça ne suffit pas »
Essayez maintenant de visualiser la tête de celui ou celle qui l’a prononcé… triste n’est-ce pas ? Qu’à cela ne tienne, voyez la version SMS :
« merciiiii c troooo cooooooollll mé sa sufi pooooooo »
Et encore, je l’ai débarrassée des semi-laids pour ne pas risquer l’indigestion.
Alors ? Il est pas trognon le visage du petit féca à qui on vient d’offrir 54 cawotes pour son sort ?

Dans la même veine, on remarque l’occurrence de nombreuses interjections dont la seule présence vise à traduire la quantité plus ou moins importante d’air que peut expulser qui parle. Relevons en vrac : pffff, arf, bouh, roh, raah, hiiii, arg, mouhaha, tsss…

Revenons un instant sur le clavier qui permet de s’exprimer en SMS. Il est un paramètre non négligeable à prendre en compte. Ce que chacun fait d’ailleurs plus ou moins consciemment.
Qu’on ait les doigts plein de confiture, un téléphone douloureusement coincé entre l’oreille et l’épaule, un chat polisson qui ne préfère rien d’autre que votre bureau, du vernis à ongle en train de sécher ou tout simplement l’irrépressible envie d’éternuer à tout va, il nous arrive à tous de faire des fautes de frappe. C’est un peu comme savoir que tout le monde a un chewing-gum dans la bouche, et excuser du coup les défauts de prononciation qui en découlent.
Nous avons dit en préambule que certains assemblages de lettres ne semblaient rien dire, et que d’autres, répondant à nos règles, prenaient sens. Il faut maintenant moduler ce propos eut égards aux dites coquilles.

Voyez l’exemple qui suit :
« mwa ske j’prefette c lz hlace o marrob »

Il s’approche de l’indicible, et pourtant il suffit de peu d’effort pour connaître les habitudes culinaires de notre interlocuteur.

Ce qui aide en la matière, c’est la connaissance de l’ordonnancement des touches sur un clavier, puisque bien souvent la coquille ne frappe que dans la proximité de la touche désirée. Avec un peu de pratique, on reconnaît nos amis canadiens à leur coquilles improbables pour un clavier européen. De la même façon se trahit l’irréductible communauté des utlisateurs de mac.

La frontière est mince cependant. Quand la coquille atteint ces fameuses répétitions de touches qui traduisent notre état émotionnel, on est en droit de rester pantois :
« kikppppp rr l’mond »

Curieusement la coquille ne frappe jamais les semi-laids. Mais je préfère ne pas trop songer aux implications d’une attention visiblement plus soutenue à ceux-ci qu’au reste de la langue.


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Tal-Mahera
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MessageSujet: Re: Objet trouvé: ce que j'aime dans JOL...   Mer 16 Jan 2008 - 10:51

(suite)
Citation :
Règle troisième : « on é pa d brut kan mem »

Le SMS devient factuel, sec, sobre, rapide, efficace, informatif, en un mot totalement dénué de nuances sentimentales.
Or nous sommes des humains, que diable, pas des bworks. Mais comment concilier notre envie irrépressible d’annoncer à tous la tristesse d’avoir raté une cinquantième fois la forgemagie de votre pelle rhon avec l’urgence de vivre évoquée plus haut ?
Voici la solution :

?

J’ai nommé le semi-laid (prononcez vite, la bouche fendue d’une oreille à l’autre en touchant votre nez avec la langue).
Originellement, le semi-laid se lisait en penchant la tête d’un quart de tour vers la gauche. L’habitude sans doute, et trop de névralgies cervicales sûrement, on fait que l’on voit apparaître des graphies lisibles de face.

Là encore, seule l’imagination semble borner le champ des possibles. Le décryptage se fait sans trop de gêne. Il y a juste une attention particulière à porter à ce qu’ on appelle la question d’échelle.

? ,:/ XD par exemple se lisent en considérant les yeux et la bouche.
\o/ et /o\ désignent la tête et les bras.
Il y en a de plus petits : >< et Oo concernant les yeux, ^^ juste les sourcils, p la bouche, et de plus grands : !!!!!!!!!!!!!!!!!!! désignant couramment une forte troupe de miliciens patrouillant le long des murailles de Bonta ou de Brackmar.

Le résultat est qu’en deux ou trois petits caractères, tout un chacun peut exprimer le plus profond de son être sans crainte de rester incompris.
Si on vous interroge :
« Sa va ? »

et que vous répondez

« Sa va »

Rien de bien intéressant ne peut émerger par la suite.

Répondez plutôt :

« Sa va:/ »

Aussitôt l’autre s’inquiètera du malaise qui visiblement vous étreint par un délicat :

« kigna ? »

Et vous pourrez tout à loisir lui taxer 500 kamas ou lui raconter comment vous avez échoué à forgemager pour la cinquantième fois la susdite pelle rhon.



Règle quatrième : « t po3t toi ? »


Le risque principale qui guette le SMS, c’est l’uniformisation dans l’appauvrissement du lexique.. Or, comme de bien entendu, les utilisateurs de cette langue sont tous d’incurables rebelles de la société, faisant fi de toutes lois et de toutes modes.

S’opère donc une appropriation de la langue par glissement phonétique qui va sans faute différencier la feca du iop.

Prenons l’exemple de l’indispensable « bonjour ».
Sa forme neutre est « bjr », mais on verra plutôt apparaître, selon l’humeur de chacun, quantité de dérivés :

‘jour, slt, coucou, koukou, kikoo, kiou, voire l’inénarrable plop.

L’exemple pris était simple. C’est sous cet angle cependant qu’il faut comprendre certaines occurrences curieuses comme :

« bon bah gigot »

qui ne s’explique que par une fine connaissance du SMS, de la phonétique, et des langues étrangères en général.
De même on glissera avec affection de percep à perco, puis pouné (l’orthographe régulière poney comportant pour une fois autant de lettres que la version SMS mais bon…) et pour les plus facétieux bidet et dada (la comptine A dada sur mon bidet constitue à ce titre un remarquable pléonasme).

Il s’observe un effort continuel pour réhumecter le SMS d’un peu de poésie, comme si chacun se débattait dans un espace trop exigu, avalant à grandes lampées le minimum vital d’oxygène. L’individualisation rappelons-le, ou du moins la démarcation des autres, est un trait distinctif d’une tranche d’âge s’étalant de l’enfance à la maturité, et souvent un signe de bonne santé mentale et physique.
Cette forme de poésie s’enracinera dans toutes les libertés que chacun peut prendre avec le SMS, tout en restant dans les limites du compréhensible. Si besoin était une fois de plus de démontrer que la poésie, c’est la liberté.


Exercice final :

Traduisez en en respectant l’esprit et la poèsie, ces vers de Stefan Malstuffé

Peti R (guerrié)

Se me va ormi litère
K je 100te du foyé
1 pantalon militer
a ma janb rou joi yé
l’1vazion je la guett
Avek le vierge kuru
Tt juste 2 la baguett
O gan blan ds tourlourou
Nu ou d’ekors tenass
Pa pr battr le teuton
Ms kom 1 otre menass
A la fin ke me ve ton
2 tranché ra 7 orti
Folle 2 la sinpati.


On pourrait croire les usagers du SMS avides du plus court chemin vers la communication, fin limiers des raccourcis et chercheurs en atomes sémantiques. C’est beaucoup présager de leur amour de la contrariété.
Dans un premier mouvement certes ils élaguent le mot de ses branches mortes, mais c’est pour aussitôt rajouter des lettres totalement surgies de nulle part.

Prenons le célèbrissime « ok », que tout le monde aura reconnu comme venant de oll korrect, version de all correct labourée par les jeunes du moyen-âge, qui en matière de SMS en connaissaient déjà un rayon .

OK, donc, est déjà trop long pour certains. Un bon coup de scalpel donne « k ».
Sade ultime de la béatitude SMesque ? Rah, voyez la malignité de l’homme, on voit pourtant fleurir partout « oki, ouki », d’absurdes « kk », pour ceux qui n’ont rien compris « oké », voir même « oukiiiii » (à qui il faut reconnaître le mérite de traduire en peu de lettres la phrase suivante : « ah bah maintenant que j’y réfléchis, ça me dit vaguement quelque chose ce que tu me racontes. »)


Règle cinquième : Haut maille gaude, louque hâte de chouque


Il nous faut étudier l’attrait indéniable qu’exerce la langue de Shakespeare et de Bill (son jardinier) sur nos jeunes générations.
Une mine d’or il faut l’avouer. L’anglais est d’une rare efficacité orthographique, ou, selon l’humeur, d’une remarquable pauvreté ornementale. Peu d’homonyme, quasiment aucune désinence muette, une conjugaison qu’un bwork pourrait saisir, et une moyenne de lettres par mots avoisinant les 4, rien que du bonheur en somme.
Et puis surtout, c’est staillile à employer. On nous rétorque que les anglais ont tout inventé en matière de lexique appliqué aux jeu vidéo. Ce à quoi je rétorque en invitant chacun à mettre la main sur un dictionnaire étymologique anglais, juste histoire de mesurer quelle proportion faramineuse de ce lexique fut jadis emprunté au français.

Il est indispensable d’en connaître les rudiments pour bien savourer le SMS, au risque de confondre un sujet hautement polémique ayant trait à la subsistance alimentaire des milliards de petits humains à venir, avec un ustensile tout à fait réjouissant mais que la décence m’interdit de nommer ici. Je veux parler bien sûr de l’expression « OMG ».
Si les rudiments ne sont qu’embryonnaires, vous resterez à rêver dudit instrument, au lieu de goûter pleinement tout le sel théologique que ces trois lettres contiennent.

L’usage de l’anglais vise à plusieurs objectifs divers et parfois contradictoires.

La rapidité bien sûr :

You ? u
One shoot ? OS, au lieu du lamentable un coup ? UC qui pour peu que l’on mette deux coups peut prêter à confusion (DC)
Good game ? gg, puisqu’à l’évidence en français bj ne veut pas dire bien joué mais bonjour…

Un autre usage de l’emprunt aux rosbeefs est de combler l’absence de concept hautement complexe exprimable au moyen d’un seul mot.
Allez traduire toute la signification du mot « farmer »…
En français c’est un fermier, rien de plus (peut-être peut-on l’imaginer crotté aux bottes, et encore…)
En anglais, c’est un petit chinois, un philippin ou bulgare qui est payé une misère pour s’abîmer les yeux des heures durant sur un écran d’ordinateur à cliquer sans relâche dans une version moderne du travail à la chaîne sur un épi de blé ou un filon de manganèse.
Riche langue que l’anglais tout de même…

Un autre exemple, « owned », laisserait perplexe un banquier de la City lui-même, puis qu’en bon anglais il ne signifie rien en lui-même, autrement que suivi de to + verbe ou sujet. Dans le cadre qui nous intéresse, il traduit avantageusement la phrase : « Bon, d’accord, j’admet que tu as été plus rapide que moi cette fois-ci, mais tu ne l’emporteras pas au paradis et de toute façon j’en rajoute une couche pour engranger des points afin de booster mon titre JOL ».



« Wé bon é alor ? »

En conclusion nous voici, mes vieux camarades et moi-même, mieux armés qu’auparavant pour jouir du babil des jeunes. Quelques semaines de pratique régulière ont suffi à maîtriser les bases. Votre humble serviteur, après ses étirements du matin, s’entraîne encore à traduire quelques phrases extirpées d’un forum pour ne pas perdre la main.

J’ai bien pris garde de ne porter aucun jugement. Parce qu’il n’y aurait pas plus de justifications à rejeter en bloc les utilisateurs du SMS qu’à traiter les footballeurs de mauvais rugbymen.

Etudier la langue était une chose, déblatérer sans autorité sur le relâchement, la paresse d’esprit, le manque d’imagination, l’immaturité, la sottise et la vulgarité qui souvent l’accompagne en est une autre..

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ArThAs
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MessageSujet: Re: Objet trouvé: ce que j'aime dans JOL...   Mer 16 Jan 2008 - 14:22

J'adore x)
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akane-san
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MessageSujet: Re: Objet trouvé: ce que j'aime dans JOL...   Jeu 17 Jan 2008 - 2:07

i do love it


bonne nuitée ^^


akane-team
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RoyalFlush
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MessageSujet: Re: Objet trouvé: ce que j'aime dans JOL...   Jeu 17 Jan 2008 - 3:51

lol sé titi ki va kifé struk



c'était bien drôle quand même.
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MessageSujet: Re: Objet trouvé: ce que j'aime dans JOL...   Jeu 17 Jan 2008 - 23:39

Pétillant a souheux [...] L'art de kiki magnifiquement interprété ^^
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Myazu
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MessageSujet: Re: Objet trouvé: ce que j'aime dans JOL...   Mer 13 Fév 2008 - 19:46

huhu, 'fectivement bien marrant ^^
(suis pas d accord pour la culture, j aime Tolkien et le seigneur des anneaux, je raffole des mangas et je trouve que la série les experts n est pas trop mal conçu (même si en vrai la police scientifique ne mène aucune enquête) répondé moi franchement, aurai-je le niveau culturel d un kikitoudur? Sad )
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Tal-Mahera
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MessageSujet: Re: Objet trouvé: ce que j'aime dans JOL...   Mer 13 Fév 2008 - 20:08

Myazu a écrit:
huhu, 'fectivement bien marrant ^^
(suis pas d accord pour la culture, j aime Tolkien et le seigneur des anneaux, je raffole des mangas et je trouve que la série les experts n est pas trop mal conçu (même si en vrai la police scientifique ne mène aucune enquête) répondé moi franchement, aurai-je le niveau culturel d un kikitoudur? Sad )

*regarde l'avatar de Myazu*
heeuuuu t'es sur que tu veux une réponse? nan parce que la c'est un grand OUI
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MessageSujet: Re: Objet trouvé: ce que j'aime dans JOL...   Mer 13 Fév 2008 - 20:25

Excellent x'D ! Une superbe journée, plus 20bonnes minutes de rires, un grand merci ! =p Bonne journée a toi ^_^
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MessageSujet: Re: Objet trouvé: ce que j'aime dans JOL...   

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Objet trouvé: ce que j'aime dans JOL...
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